Pourquoi négligeons-nous les œuvres surérogatoires ?
Actes d'adoration ('ibâdât)

Pourquoi négligeons-nous les œuvres surérogatoires ?

Khemmar Tamime 11/05/2025 Actes d'adoration ('ibâdât)
Par : Tamime Khemmar.

Il est triste de constater que beaucoup de musulmans, jeunes ou moins jeunes, négligent les actes surérogatoires, alors qu’ils représentent l’un des moyens les plus puissants de se rapprocher d’Allâh. Ce sont des prières supplémentaires, des invocations, des lectures du Coran, des jeûnes volontaires… autant d’actes que le Prophète ﷺ a aimés et recommandés. Pourtant, nous les laissons souvent de côté. Pourquoi ?

**Les causes de cette négligence**

La première cause, c’est la passion de l’âme. L’être humain aime ce qui est facile, rapide et plaisant. L’effort spirituel lui paraît lourd, surtout lorsqu’il n’a pas goûté à sa douceur. La seconde cause, c’est le diable, cet ennemi sournois qui ne cesse de détourner l’homme du rappel d’Allâh. Il sème la paresse, l’oubli, les fausses excuses, et l’occupation dans ce qui est vain.

Allâh, élevé soit-Il, nous en a avertis, S5V91 :

« La seule chose que veut le Diable, c’est répandre entre vous la discorde et la rancune, par le biais du vin et du jeu de hasard, et vous détourner de l’évocation d’Allâh et de la prière. »

Même les œuvres obligatoires deviennent difficiles à accomplir pour celui dont le cœur est éloigné.

**La grande valeur des œuvres surérogatoires**

Ce sont elles qui viennent combler les lacunes des obligations.

Le Prophète ﷺ a dit :

« La première chose pour laquelle le serviteur aura à rendre des comptes le Jour de la Résurrection sera sa prière. Si elle est valide, il aura réussi et sera sauvé ; si elle est invalide, il aura échoué et sera perdu.
Et s’il manque quelque chose à sa prière obligatoire, le Seigneur — Béni et élevé soit-Il — dira : “Regardez si Mon serviteur a accompli des prières surérogatoires, afin de compléter avec elles ce qui a été manqué dans celle qui est obligatoire.” Puis toutes ses œuvres seront traitées de même. » (Al-‘Albânî, Sahîh At-Tirmidhî, 413)

Ce sont elles qui font la différence entre les croyants : ceux qui font le minimum, et ceux qu’Allâh aime.
Car Allâh aime le serviteur qui se rapproche de Lui par les œuvres surérogatoires. C’est une voie vers Son amour, Son aide, Sa protection. Et combien sont négligées les occasions d’acquérir cela !

Le Prophète ﷺ a dit, rapportant la Parole de son Seigneur :

« Et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. » (Al-Boukhârî, 6502)

**Seulement, l’homme oublie grandement !**

La cause est souvent l’oubli de la récompense, l’oubli du Jour du Jugement, l’oubli du but réel de cette vie.
Allâh, élevé soit-Il, dit, S84V6 :

« Homme ! Tu œuvreras durement jusqu’à ce que tu rencontres ton Seigneur. »

Celui qui sait cela œuvre. Celui qui l’oublie gaspille sa vie dans des distractions, des images, des sons, des nouvelles… jusqu’à ce que son cœur s’endurcisse et qu’il ne ressente plus la douceur du rappel.

**La miséricorde d’Allâh**

Mais Allâh est miséricordieux. Il accepte celui qui revient, même après une longue négligence. Il aime ceux qui font des efforts, même petits, tant qu’ils sont sincères. Le croyant doit donc lutter contre sa paresse, combattre le diable, se rappeler l’au-delà, et invoquer son Seigneur pour qu’Il lui ouvre la porte des œuvres aimées.

Allâh dit, S7V200 :

« Et si un susurrement du Diable te touche, invoque donc la protection d’Allâh. Il est certes Celui qui entend tout, l’Infiniment Savant. »

Les œuvres surérogatoires sont un honneur et un cadeau. Celui qui les fait régulièrement verra sa foi s’illuminer, son cœur s’apaiser, et ses fautes s’alléger. Ce sont elles qui permettent d’atteindre les degrés élevés, et peut-être d’être aimé d’Allâh, ce qui est le plus grand des honneurs.

Ne néglige donc pas ce qu’Allâh a aimé. Commence par peu, mais tiens bon. Une prière du matin, un peu de lecture du Coran, quelques invocations, un jeûne volontaire… multiplie ces trésors, et tu verras ta vie changer.