La vie est un long voyage qui nécessite des provisions, un moyen de transport, des informations, de la compagnie… bref, de nombreux besoins, qu’ils soient essentiels ou facultatifs. Et tous ces besoins ne peuvent être satisfaits que par une monnaie d’échange, elle-même obtenue en contrepartie du travail.
Le travail permet donc de se procurer ce dont on a besoin pour vivre. Il est un moyen, pas un but.
Il permet aussi de forger la spiritualité et les mœurs nécessaires à l’accomplissement de la vie : la volonté, la patience, l’optimisme, l’ordre… Bref, c’est une école de la vie.
Mais il reste toujours un instrument de la vie.
Or, lorsque le travail devient une fin en soi, et que l’on ne vit plus que pour travailler, les choses s’inversent… et les repères se perdent.
C’est comme un conducteur qui prend sa voiture pour rejoindre une ville lointaine, dans l’urgence. En chemin, il prend tellement de plaisir à conduire, à avaler les kilomètres, à admirer sa voiture, qu’il ne s’arrête plus, dépasse sa destination… et s’en va vers l’inconnu.
Je pense que ce point est clair.
Maintenant, que dire lorsqu’on réalise que la vie elle-même n’est qu’un instrument pour atteindre une autre fin, plus grande, plus durable ? Et que beaucoup de gens, en faisant de cette vie leur fin ultime, se sont en réalité éloignés de leur véritable destination…
Mais ça… c’est une autre histoire.
Tamime Khemmar