2.Clarification de l’Association (ash-Shirk) dans le Livre et la Sunna
Association dans l'adoration (Ash-Shirk)

2.Clarification de l’Association (ash-Shirk) dans le Livre et la Sunna

Khemmar Tamime 24/02/2026 Association dans l'adoration (Ash-Shirk)
L'homme entre en Islam par sa parole : (Nulle divinité ne mérite l'adoration hormis d'Allâh, et Muhammad est le Messager d'Allâh).

Le sens de la première phrase est : qu’il ne reconnaît à aucun autre qu’Allâh le droit à l’adoration ; il n’adore donc que Lui — élevé soit-Il.

Le sens de la seconde phrase est : qu'Allâh n'est adoré que par ce qu'a apporté le Messager ﷺ.

Tout ce qui se trouve dans le Livre et la Sunna est un détail de ce que ces deux fondements impliquent, et tout ce qui les contredit est en opposition avec le Livre et la Sunna. Ainsi, celui qui appelle au Livre et à la Sunna, et à leur compréhension, n’appelle en réalité qu’à la réalisation des deux paroles de l’attestation (Ash-shahâda).

**Les ruses des opposants :**

Parmi leurs paroles, ils ont prétendu ceci : « Certes, la Parole d’Allâh est trop majestueuse pour être expliquée, et notre devoir est de nous limiter à nos ouvrages habituels. Et le retour au Livre et à la Sunna est une incitation à l'effort d'interprétation (ijtihâd) et une dépréciation du rang des Imams. »

Ils tirent argument de ce qui a été rapporté concernant l’interdiction de l'exégèse (tafsîr) ; comme la parole du Prophète ﷺ : « Quiconque parle sur le Coran selon son opinion, ou selon ce qu’il ne sait pas, qu’il prenne sa place en Enfer. » (1)

Or, les savants ont appliqué cette interdiction à l'exégèse qui est faite par pure opinion et par passion.
Quant à leur appel à se limiter aux ouvrages habituels, ils revêtent cela de l'habit de la glorification des savants prédécesseurs et de la protection de la religion du commun des gens. En cela, ils ne sont que les échos de Pharaon lorsqu’il dit : (« Laissez-moi tuer Moïse et qu’il invoque son Seigneur. Je crains qu’il ne modifie votre religion ou qu’il répande le mal sur terre. ») (S : 40/V : 26).

Certes, celui qui a souffert de l'obscurité des textes et de leur complexité trouve facile le Coran qu'Allâh a rendu aisé pour le rappel. Il trouve dans l'apprentissage de la langue arabe et de ses sciences ce qui renforce sa disposition naturelle à connaître cette langue (salîqa) qu’avaient ses ancêtres, ou ce qui lui en procure une, s'il n'est pas arabe d'origine. Le manque de disposition naturelle acquise est comblé par ce qu'ont écrit les Imams de l'exégèse.

Quant au fait qu'ils aient accusé ceux qui appellent au retour au Livre et à la Sunna de prétendre à l'effort d'interprétation (ijtihâd) et de déprécier le rang des savants (mujtahidûn) suivis, ils ne se sont basés sur rien pour cela, si ce n'est une calomnie trompeuse.

**Le rang des prédécesseurs vertueux (as-Salaf as-Sâlih) :**

Nous ne prétendons pas l'effort d'interprétation personnelle dans la religion (ijtihâd) et nous ne déprécions pas les Imams qui furent sur la guidance. Au contraire, nous les respectons et leur reconnaissons leur mérite, car ils nous ont précédés dans la foi et nous ont appris à être des suivants. Allâh — élevé soit-Il dit (S : 59/V : 10) : (Et à ceux qui sont venus après eux et qui disent : « Notre Seigneur ! Pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont devancés par la foi et ne fais pas en sorte qu’il y ait dans notre cœur la moindre rancune envers ceux qui ont eu la foi.)

Jarîr ibn 'Abdillâh Al-Bajalî (qu'Allâh agrée) rapporta que le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Celui qui instaure en islam une bonne pratique recevra sa récompense ainsi que la récompense de ceux qui la mettront en œuvre après lui, sans que cela ne diminue en rien leurs récompenses. Et celui qui instaure en islam une mauvaise pratique portera son fardeau ainsi que le fardeau de ceux qui la mettront en œuvre après lui, sans que cela ne diminue en rien leurs fardeaux. » (2)

Or, l’appel à la compréhension du Livre et de la Sunna n'est nullement une dépréciation de l'héritage de nos prédécesseurs. Bien au contraire, c'est une incitation à en tirer profit ; car celui qui les étudie a besoin de considérer ce qui a été écrit à leur sujet et ce qui en a été déduit comme enseignement. Comment donc le fait de consulter le Livre et la Sunna serait une interprétation personnelle (ijtihâd) alors que la grande majorité des exégètes et des savants du Hadith sont célèbres pour leur affiliation aux écoles (madhâhib) des Imams anciens. S'ils n’ont pas été visés par cette accusation, comment peut-on alors en accuser celui dont le seul but est de comprendre leur parole et de la faire comprendre aux gens ?

**L’application des versets sur l’association (ash-Shirk) :**

Les adeptes des différentes factions qui se sont éloignées de la guidance du Coran et de la Sunna ont compris que le Coran allait les démasquer. Ils ont alors cherché des prétextes pour en échapper par divers arguments. Parmi ceux-ci, le fait de prétendre que ce qui a été révélé au sujet des associateurs (al-mushrikîn) et des gens du Livre leur est propre et ne concerne pas les musulmans, quand bien même ces derniers commettraient des actes plus abominables et plus égarés !

Ceci relève de l'ignorance du but de l'Envoi prophétique et de la sagesse de la charge imposée par Allâh d'assumer les actes d'adoration (taklîf). En effet, le but de l'envoi de chaque prophète est de rassembler les créatures sur l’Unicité du Créateur et l'établissement de Sa religion. Tandis que la sagesse de la charge imposée par Allâh d'assumer les actes d'adoration (taklîf) est de parfaire l'homme lorsqu’il suit la législation du Roi (Al-Malik), Celui qui rétribue (Ad-Dayyân), et non un tribut imposé par un roi sur les gens, dont seraient exempts ceux qui cherchent à se rapprocher de Lui par un rang ou une considération (jâh) !

Certes, l'application des versets révélés au sujet de ceux qui nous ont précédés sur les gens de notre religion est une application du texte à l'événement actuel. C'est un conseil aux croyants afin qu'ils ne soient pas trompés par les appellations verbales et négligent les caractéristiques spirituelles qui sont l'essence même de ces descriptions. Il n'est d'aucune utilité pour l'homme d'être appelé musulman alors que ses qualités intérieures sont celles d'un associateur égaré ou d'un adepte des gens du Livre obstiné. C'est pour cela que les savants ont établi que : « La considération porte sur la généralité du terme et non sur la spécificité de la cause » et que : « La législation de ceux qui nous ont précédés est une législation pour nous, tant qu'aucun abrogatif n'est venu l'annuler ».

De nombreux versets et hadiths témoignent de cette généralisation. Allâh — élevé soit-Il — a dit par le biais de la langue de Son Prophète ﷺ : (Et ce Coran m’a été révélé afin que je vous avertisse avec, ainsi que ceux à qui il parviendra.) (S : 6/V : 19). Il a ainsi joint au pronom de ceux qui sont interpellés parmi les associateurs (3) ceux que le Coran atteindra à leur époque et après leur époque.

'Â'isha et Ibn 'Abbâs (qu'Allâh agrée) rapportèrent qu’il a dit ﷺ lors de la maladie dont il mourut : « Que la malédiction d’Allâh soit sur les juifs et les chrétiens : ils ont pris les tombes de leurs prophètes comme lieux de prosternation (masâjid). », mettant ainsi en garde contre ce qu’ils avaient fait. (4)

Ils ont compris tous deux que la malédiction n'est pas propre aux gens du Livre, et que l'objectif est de mettre en garde les musulmans contre les actes de ces derniers afin que leur malédiction ne les englobe pas. Or, leur rang à tous deux (5) dans la science et la religion est bien connu.

Cela te montre la justesse de la voie des savants réformateurs dans la mise en garde de leurs frères musulmans. Cela te dévoile aussi le but caché des partisans du faux et l'erreur des opposants. Or, ton Seigneur a tout cerné par Sa science, et Il a attribué à chaque situation un jugement. Le Coran qui a démasqué ceux qui nous ont précédés est celui-là même qui nous démasquera, et le Coran qui a guidé ceux qui nous ont précédés est celui-là même qui nous guidera.

(1)[Rapporté par Ahmad (2069), Abû Dâwud dans « At-Tuhfa » (4/336), At-Tirmidhî (2950), et An-Nasâ’î dans « Al-Kubrâ » (8031). Voir : « Adh-Dha’îfa » (4/265)].

(2) [Rapporté par Muslim (1017).]

(3) Le pronom (vous) dans Sa parole : (afin que je vous avertisse).

(4)[Rapporté par Al-Bukhârî (435) et par Muslim (531).]

(5) 'Â'isha et Ibn 'Abbâs.

Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hassan Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.