5.La réalité de l’Adoration (al-‘Ibâda)
Association dans l'adoration (Ash-Shirk)

5.La réalité de l’Adoration (al-‘Ibâda)

Khemmar Tamime 26/02/2026 Association dans l'adoration (Ash-Shirk)
Ce qui a précipité les ignorants dans l'association et l'égarement c’est l’excès dans la vénération de certaines créatures d’une vénération qui n’est digne que du Seigneur de la terre et des cieux. De là est née l'adoration d'un autre qu'Allâh, dont les auteurs ont mérité la description d'associateurs. Le besoin s'est alors fait sentir de montrer la signification de l'adoration afin de distinguer ce qui est conforme à la charia et ce qui relève de l'association (shirkî).

**La signification de l'adoration (al-‘Ibâda) :**

On dit : (‘abadtu-llâh, a’buduh, ibâda), « J'ai adoré Allâh, je L’adore, une adoration ». L’adoration signifie : la soumission et l'humilité. Celui qui adore se dit au singulier : ('âbid) adorateur, et au pluriel : ('ubbâd et 'abada) adorateurs. L'origine de l'adoration (al-'ubûdiyya) est l'humilité et la soumission. On dit d’un chemin qu’il est (mu'abbad) c'est-à-dire : aplani.

**(At-ta'abbud), le fait d’adorer, a plusieurs sens :**

1- (An-nusuk) la pratique d’un culte : On dit : « (nasaka yansuku nusukan), il a pratiqué un rite, il le pratique, la pratique d’un culte », c'est-à-dire le fait de s'adonner au culte et de se rapprocher d'Allâh par un acte volontaire. Le terme (al-mansak) désigne le nom verbal, le temps et le lieu du sacrifice. Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 2/V : 128) : (Montre-nous nos rites (manâsikanâ)), c'est-à-dire nos cultes. Le terme a fini par désigner majoritairement les actes du pèlerinage. Allâh — élevé soit-Il — dit également (S : 2/V : 200) : (Lorsque vous terminez vos rites (manâsikakum)). Le terme an-nusuk a fini par désigner d’une manière générale le sacrifice. Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 2/V : 196) : (qu’il accorde une expiation ; jeûne ou aumône ou sacrifice (nusuk).)

Le terme (an-nasîka) désigne la bête sacrifiée, tout comme il désigne le lingot fondu d'argent. On dit : nasaktu une chose : je l’ai lavée par l'eau et purifiée, elle est donc purifiée (mansûka). Il existe une adéquation entre l’adoration, le lavage et la purification, comme si l’adorateur, en s’adonnant à l’adoration, se lavait de ses péchés, se libérant ainsi des souillures de ses fautes, et se purifiait comme on purifie le métal par la fonte.

2- (At-ta'alluh) la déification : On dit : (‘aliha, ilâha) : Il a adoré, une adoration. (Yata’alah) : il s’adonne au culte (yata’abad) et s’adonne au rite (yatanasak).

Les idoles furent nommées divinités (âliha) car ils croyaient qu'elles méritaient l'adoration.

Si l'adoration consiste en la soumission et l'humilité dans le but de se rapprocher , alors l'adoré par cette adoration est le Dieu. Celui qui voue cette adoration exclusivement à Allâh, celui-ci L’a unifié et L’a adoré d’une adoration conforme à ce qu’Il a prescrit (shar’iyya). Celui, par contre, qui trouve ce sens en lui-même pour un autre qu'Allâh, il en a alors fait une divinité, et son adoration est une association (shirkiyya), qu'il l'ait nommée divinité ou non. C'est la même chose pour le sens qu'il éprouve en lui-même, qu’il le nomme adoration ou lui donne un autre nom ; car le fait de nommer une chose par un autre nom ne change pas sa réalité et ne modifie pas son jugement.

**L’adoration (al-‘Ibâda) chez les Arabes :**

L'adoration des Arabes pour leurs idoles consistait en l'excès dans leur vénération, la construction d'édifices au-dessus d'elles, les circumambulations autour d'elles, le fait de se frotter contre elles, et à conserver des choses qui les leur rappelaient dans leurs demeures.

**Parmi les formes de leur adoration :**

1- Leur visite, le vœu et le sacrifice pour elles. Ils leur attribuaient une part de leurs récoltes et de leur bétail, et juraient par elles. Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 6/V : 136) : (Ils attribuèrent à Allâh une part de ce qu’Il a créé comme récoltes et bestiaux et ils dirent : « Ceci est pour Allâh – selon leur prétention – et ceci est pour nos divinités. » Puis, ce qui est destiné à leurs divinités ne se transfère jamais à Allâh. Par contre, ce qui est destiné à Allâh peut être transféré à leurs divinités. Quel mauvais jugement que le leur !)

2- Al-Fara' : qui est le premier-né de la chamelle ou de la brebis qu'ils sacrifiaient à leurs divinités pour invoquer la bénédiction sur leur bétail.

3- Al-'Atîra : nommée aussi la Rajabiyya car ils la sacrifiaient durant le mois de Rajab. Ils disaient : « Ce sont des jours de tarjîb et de ta’târ », nommant ainsi les dix premiers jours de Rajab.

Leur but par cette adoration était de se prémunir contre ce qu’ils craignaient et de faire venir ce qu’ils aimaient en plaçant les idoles comme intermédiaires entre eux et Allâh. Car ils croyaient qu'ils étaient trop insignifiants pour qu'Allâh leur fasse miséricorde sans l’intercession de celles-ci, si bien que leur peur des idoles s'intensifia et leurs cœurs s'y attachèrent.

**Le désaveu du Coran de l'adoration (al-‘Ibâda) des idoles :**

Le Coran a clairement déclaré que chercher à se rapprocher d’un autre qu'Allâh est une association dans l’adoration d’Allâh qui éloigne de Sa miséricorde et provoque Sa colère. Il dit — élevé soit-Il — (S : 4/V : 116) : (Certes, Allâh ne pardonne pas que l’on associe dans Son adoration et pardonne ce qui est en dehors de cela, à qui Il veut. Or, quiconque associe dans l’adoration d’Allâh se sera égaré d’un égarement lointain.)

Et Il dit — élevé soit-Il — (S : 22/V : 31) : (En étant éloignés de toute religion excepté celle d’Allâh, sans rien Lui associer. Or, quiconque associe à Allâh, c’est comme s’il tombait du ciel et que les oiseaux le déchiquetaient ou que le vent le jetait dans un endroit très éloigné.)

**Le désaveu des intermédiaires :**

Allâh — élevé soit-Il — a nié le recours aux intermédiaires dans l'acceptation du repentir et la rétribution des œuvres . Il dit (S : 3/V : 135) : (Et qui donc pardonne les péchés si ce n’est Allâh ?)

Et Il dit — élevé soit-Il — (S : 26/V : 113) : (Ils n’auront de compte à rendre qu’à mon Seigneur, si vous en êtes conscients.)

**La peur de la créature :**

Allâh — élevé soit-Il — a désavoué la peur de la créature sans cause naturelle. Au sujet d'Abraham — que le salut soit sur lui —, il dit (S : 6/V : 80-81) : (Son peuple débattit avec lui. Il leur dit : « Débattez-vous avec moi au sujet d’Allâh alors qu’Il m’a guidé ? Je n’ai guère peur de ce que vous Lui associez. Sauf si mon Seigneur veut quelque chose. Mon Seigneur a englobé toute chose par Son savoir. Ne profitez-vous pas de ce rappel ? (80) Comment pourrais-je avoir peur de ce que vous avez associé alors que vous, vous n’avez pas peur d’avoir associé dans l’adoration d’Allâh ce dont Il ne vous a révélé aucune preuve ? Lequel des deux partis mérite d’être en sécurité, si vous saviez ? » (81))

Et Il dit — élevé soit-Il — à Son Prophète ﷺ (S : 39/V : 36) : (Allâh ne suffit-Il pas à Son Serviteur ? Et ils te font peur par ceux qui sont en dehors de Lui. Or, celui qu’Allâh égare, personne ne pourra le guider,)

**L’attribution du profit et de la nuisance à un autre qu'Allâh :**

Allâh — élevé soit-Il — a désavoué l'attribution du profit et de la nuisance à autre que Lui. Il dit (S : 6/V : 17) : (Si Allâh te fait subir une nuisance, personne ne pourra la dissiper sauf Lui. Et s’Il t’accorde un bien, Il est parfaitement capable de faire toute chose.)

Et Il dit — élevé soit-Il — (S : 17/V : 56-57) : (Dis : « Invoquez ceux que vous prétendez être des divinités en dehors de Lui. Ils ne pourront ni découvrir le mal qui vous atteint ni le transférer à d’autres. » (56) Ceux qu’ils invoquent recherchent le moyen qui les fait rapprocher le plus de leur Seigneur et se concurrencent ; ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. Certes, le châtiment de ton Seigneur doit être redouté. (57))

**La ruse du Diable pour ressusciter ce que le Coran a fait mourir :**

Les versets du Coran se sont multipliés pour exposer l'égarement des associateurs. Ils l’ont parfaitement dévoilé au grand jour et décrit son remède dans les moindres détails. L'association a alors pris la fuite et a disparu des regards durant les jours de l'apparition du Coran. Mais lorsque les sens du Coran ont disparu de nos esprits, le Diable a couvert l’association de toutes les couleurs qu'il souhaitait, et nous l’a présentée sous d'autres appellations qui ont trompé ceux qui n'étaient pas sous l'égide du Coran et de la tradition prophétique (athar). Ils ont alors accepté ses traces sans son nom.

Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hacene Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.