6. La recherche de la Bénédiction (at-Tabarruk)
Association dans l'adoration (Ash-Shirk)

6. La recherche de la Bénédiction (at-Tabarruk)

Khemmar Tamime 27/02/2026 Association dans l'adoration (Ash-Shirk)
**La signification de la recherche de bénédiction (at-Tabarruk) :**

(Al-baraka) la bénédiction signifie : l'accroissement et l'augmentation. (At-tabrîk) le fait de bénir consiste à invoquer la bénédiction pour autrui.

(Al-baraka) la bénédiction est la stabilité du bien divin dans une chose. Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 7/V : 96) : (Nous les aurions assurément couverts des bénédictions venues du Ciel et de la Terre.) Elle fut nommée ainsi en raison de la stabilité du bien en elle, de la même manière que l'eau stagne dans le bassin (al-birka). Étant donné que le bien divin provient de là où l'on ne peut le percevoir, et d’une manière qui ne peut ni être dénombrée ni être cernée, il a été dit de toute chose en laquelle on observe une augmentation imperceptible qu'elle possède une bénédiction (baraka).

**Ce qui fut rapporté concernant la recherche de bénédiction (at-Tabarruk) :**

1 — Mûsâ ibn 'Uqba a dit : « J’ai vu Sâlim ibn 'Abdillâh rechercher avec soin certains lieux du chemin afin d’y accomplir la prière. Il rapportait que son père priait en ces lieux, et qu’il avait vu le Prophète ﷺ y prier. » (1) On y trouve une preuve de la confirmation de la recherche de bénédiction auprès des traces du Prophète. (2)

2 — Il fut rapporté que 'Umar (qu'Allâh agrée) a dit à la Pierre Noire : « Par Allâh ! Je sais pertinemment que tu n’es qu’une pierre qui ne peut ni apporter du bien ni faire du mal. Et si je n’avais pas vu le Prophète ﷺ t’embrasser, je ne t’aurais jamais embrassée. » (3)

On y trouve une négation de la recherche de bénédiction. Al-Bâjî a dit : « 'Umar expliqua aux gens que le fait d'embrasser cette pierre n'est qu'une imitation du Messager, et n'est point dû à une vénération de la pierre elle-même ou à une propriété qu’elle aurait, afin que cela ne s'apparente pas à la vénération des idoles par les gens de la période d’ignorance préislamique (Jâhiliyya), croyant qu'elles pouvaient apporter un profit ou causer une nuisance. » (4)

3 — 'Umar ibn Al-Khattâb (qu'Allâh agrée) ordonna de couper l'arbre sous lequel le pacte d'allégeance fut prêté au Prophète ﷺ, et il le coupa ; car les gens s'y rendaient pour y prier, et il craignit pour eux la tentation (fitna). (5)

4 — Il fut rapporté qu’Al-Ma'rûr ibn Suwayd, a dit : « Nous sortîmes avec 'Umar lors d'un pèlerinage qu'il accomplit. Il nous récita lors de la prière du fajr (l'aube) : (N’as-tu pas vu ce que ton Seigneur a fait aux gens de l’éléphant ?) (S : 105/V : 1) et (À cause de l’habitude de Quraysh.) (S : 106/V : 1). (6) Lorsqu'il eut terminé son pèlerinage et qu'il s'en retourna, il vit les gens s'empresser vers un lieu. Il demanda : "Qu'est-ce donc ?" Ils répondirent : "Un lieu de prière (masjid) dans lequel le Messager d'Allâh ﷺ a prié." Il dit alors : "C'est ainsi que les gens du Livre ont péri : ils ont fait des vestiges de leurs prophètes des lieux de prière (biya'). Que celui d'entre vous qui se trouve en ce lieu au moment de la prière prie, sinon qu'il ne prie point." » (7)
Ibn Waddâh a expliqué que le fait que les gens se rendaient à son lieu de prière ﷺ était destiné à la prière en ce lieu, puis rapporta que Mâlik et d'autres parmi les savants de Médine ont évoqué le caractère désapprouvé (karâhiyya) de se rendre dans ces mosquées et ces vestiges du Prophète ﷺ, à l'exception de Qubâ' uniquement. (8)

Certains de ces récits confirment la recherche de bénédiction (at-tabarruk) et d'autres la nient, au point que 'Umar et son fils ne furent pas unanimes sur la recherche de bénédiction auprès de ses traces ﷺ, malgré leur immense rang dans la science, la religion et leur grand amour pour lui ﷺ.

Ceux qui valident la recherche de bénédiction (at-tabarruk) cherchent à augmenter la récompense de l'obéissance. Quant à ceux qui la rejettent, leur objectif est de préserver les musulmans des croyances déviantes.

Il est attesté que les Compagnons (qu'Allâh agrée) recherchaient la bénédiction en touchant le surplus de son eau d’ablution ﷺ, (9) ainsi que par son crachat. (10) Seulement il ne fut jamais rapporté qu’ils ont fait cela avec autre que lui ﷺ. Ce type de recherche de bénédiction est limité à sa noble personne ﷺ, et s'est interrompu avec sa mort.

La précaution consiste à dire qu'il faut fermer les portes menant au mal (sadd adh-dharâ'i'), ce qui est la doctrine (madhhab) de Mâlik et de ses compagnons, et qui fut rapporté aussi d’Ahmad ibn Hanbal.

Ce qui fut rapporté à ce sujet est ce qui provient d'An-Nu'mân ibn Bashîr (qu'Allâh agrée) affirmant que le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Le licite est évident, et l’illicite est évident. Entre les deux, il y a des choses équivoques que beaucoup de gens ne connaissent pas. Celui qui évite ces choses équivoques préserve sa religion et son honneur. Quant à celui qui s’y aventure, il est comme un berger qui fait paître ses bêtes autour d’un espace interdit ; il est sur le point d’y pénétrer. » (11)

**Références et notes :**

1. [Rapporté par Al-Bukhârî (483)].

2.[Ce dont on doit rechercher la bénédiction est de deux types : Le premier : le lieu vers lequel le Prophète ﷺ est sciemment parti pour y accomplir la prière, telle que la mosquée de Qubâ'. Le second : est le lieu où le Prophète ﷺ a prié par coïncidence, contraint d’y accomplir sa prière le moment venu. C’est ce type de lieux que spécifiquement Ibn 'Umar suivait. Cela fut cité par Ibn Rajab dans « Fath al-Bârî » (3/428). Bien qu’il ait été rapporté de 'Umar (qu'Allâh agrée) le contraire de ce que son fils faisait, et il ferma la porte en coupant l'arbre du pacte (bay’a).]

3.[Rapporté par Al-Bukhârî (1605) et par Muslim (1270)].

4.[Voir : « Al-Muntaqâ » (2/287).]

5.[Rapporté par Ibn Waddâh dans « An-Nahy 'an al-Bida' » (p. 88).]

6.C’est-à-dire qu’il récita ces deux sourates lors de sa prière.

7.[Rapporté par Ibn Abî Shayba (7550), et authentifié par Al-Hâfizh dans « Al-Fath » (1/450).]

8.[Voir : « An-Nahy 'an al-Bida' » (p. 88).]

9.[Rapporté par Al-Bukhârî (3553) et par Muslim (503).]

10.[Rapporté par Al-Bukhârî (2731).]

11.[Rapporté par Al-Bukhârî (2051) et par Muslim (1599).]

Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hacene Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.