7. L’Alliance (al-Walâya) et l’Allié (Al-Waliyy)
Association dans l'adoration (Ash-Shirk)

7. L’Alliance (al-Walâya) et l’Allié (Al-Waliyy)

Khemmar Tamime 02/03/2026 Association dans l'adoration (Ash-Shirk)
L'alliance (al-walâya) et le prodige (al-karâma) font partie des termes qui prêtent à confusion pour le commun des gens. Les partisans de l'égarement ont exploité cela et ont semé la confusion chez les critiques et les prédicateurs, au point qu'ils faillirent revêtir l'appel des réformateurs d'un habit qui n'est pas le sien. Cependant, la confiance en Allâh est une citadelle imprenable, et Sa règle immuable concernant le triomphe de la vérité sur le faux est constante et ne se rompt jamais. Or, parmi leurs propagandes les plus fortes figure le fait de nous accuser de nier le prodige et l'alliance.

**La signification de l'alliance (al-Walâya) :**

(Al-wilâya) signifie : l'autorité (as-sultân). (Al-walâya) signifie : le soutien et le secours (an-nusra).
(Al-waliyy) est l'opposé de l'ennemi. On dit : « Allâh est l'Allié des croyants », c'est-à-dire : leur Secoureur, ou Celui qui assure leur préservation et leur protection. On dit également : « Le croyant est l'allié d'Allâh », c'est-à-dire : celui qui est secouru par le triomphe d'Allâh, ou le défenseur de Ses alliés et de Sa religion.

(Al-mawlâ) signifie : le maître, l’esclave, l'allié, le cousin, le plus en droit d'une chose, et le compagnon.

(Al-waliyy) et (al-mawlâ) peuvent avoir le sens du sujet actif, (al-muwâlî) ou du sujet passif (al-muwâlâ).

Le premier sens est illustré par la Parole d’Allâh — élevé soit-Il — (S : 2/V : 257) : (Allâh est l’allié de ceux qui ont la foi.) et Sa parole (S : 7/V : 196) : (Mon allié est Allâh) Le second sens est illustré par la Parole d’Allâh — élevé soit-Il — (S : 66/V : 4) : (Allâh est certes son Allié) et Sa parole (S : 6/V : 62) : (Puis, on les ramènera vers Allâh, leur vrai Allié.)

En résumé : le sens de l'alliance revient au secours et à l'aide accompagnés de l'amour et de l'affection.

**L’alliance (al-Walâya) fausse (al-bâtila) :**

Allâh — élevé soit-Il — a blâmé la fausse alliance de la vie d’ici-bas, telle que l'alliance entre les mécréants et les diables. Il dit (S : 7/V : 27) : (Nous avons certes fait que les diables soient les alliés de ceux qui n’ont pas la foi.) Il dit également (S : 8/V : 73) : (Ceux qui ont mécru, quant à eux, sont alliés, les uns des autres.) Il s'agit d'une alliance qui n'est point pure et qui ne sera d'aucune utilité dans la vie dernière. Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 44/V : 41) : (Le Jour où nul ne pourra être utile à son allié). Allâh — élevé soit-Il — l'a également niée entre les croyants et les mécréants en disant (S : 5/V : 51) : (Vous qui avez eu la foi ! Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour des alliés).

**L'alliance (al-Walâya) conforme à la charia (shar'iyya) :**

Allâh — élevé soit-Il — a confirmé l'alliance légale (shar'iyya) entre les croyants en disant (S : 9/V : 71) : (Les croyants et les croyantes, quant à eux, sont des alliés les uns des autres.) L'alliance entre les serviteurs signifie le secours mutuel et la solidarité. Cela est louable dans la vérité et le bien, et blâmable dans le faux et le mal. Elle est possible dans ce bas monde entre les bienfaisants et les malfaisants.

Allâh — élevé soit-Il — S'est réservé cette alliance et a rendu caduque celle d'autrui en disant (S : 2/V : 257) : (Allâh est l’allié de ceux qui ont la foi. Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Ceux qui ont mécru, par contre, n’ont d’alliés que les fausses divinités qui les extraient de la lumière vers les ténèbres. Ceux-là sont les gens de l’Enfer où ils demeureront éternellement.)

L'alliance ici est au sens du sujet actif, car Il est Celui qui Se charge de surveiller ce que toute âme œuvre, et Il est le Secoureur du serviteur. Quiconque prend un allié en dehors d'Allâh selon ce sens Lui a certes attribué un associé. C'est pourquoi Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 13/V : 33) : (Est-ce que Celui qui Se charge de surveiller ce que toute âme œuvre est-Il semblable à ces idoles qu’ils adorent ? Et malgré cela, ils ont attribué à Allâh des associés.)

Allâh — élevé soit-Il — nomma autre que Lui "allié" et dit (S : 5/V : 55) : (Vos seuls alliés sont Allâh, Son Messager et ceux qui ont eu la foi ; ceux qui accomplissent la prière et qui s’acquittent de l’aumône obligatoire en étant soumis.) Ici, l'alliance est au sens du sujet passif, car le serviteur s'allie à Allâh et à Ses alliés.

**Qui est l'allié (al-Waliyy) ?**

Allâh — élevé soit-Il — distingua parmi Sa création une catégorie qu'Il nomma "alliés" et dont Il fit l'éloge en disant (S : 10/V : 62) : (Certes, les alliés d’Allâh n’auront aucune crainte ni ne seront tristes).

L'allié est « celui qui ajoute à la justesse de la croyance l'accomplissement des obligations, le respect des limites et la multiplication des œuvres surérogatoires. » Ce sens est mentionné dans les Textes de la charia (shar’iyya) , notamment : La Parole d’Allâh — élevé soit-Il — (S : 2/V : 25) : (Annonce l’heureuse nouvelle, à ceux qui ont eu la foi et ont accompli les bonnes œuvres, qu’ils auront des Jardins où couleront des rivières.) Et Sa parole — élevé soit-Il — (S : 41/V : 30) : (Ceux qui ont dit : « Notre Seigneur est Allâh », puis se sont maintenus sur la rectitude, les Anges descendront auprès d’eux, leur disant : « N’ayez pas peur, ne vous attristez pas et réjouissez-vous de l’heureuse nouvelle du Paradis qui vous était promis.)

Et sa parole ﷺ : « Allâh a dit : "Quiconque prend pour ennemi l’un de Mes alliés, Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne s’est jamais rapproché de Moi par une chose plus aimée de Moi que ce que Je lui ai rendu obligatoire. Et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Et lorsque Je l’aime, Je deviens l’ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main avec laquelle il prend, et le pied avec lequel il marche. S’il Me demande une chose, Je la lui accorderai, et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je le protégerai." » (1)

L'alliance (al-walâya) se confond pour beaucoup de gens. En réalité, elle a une dimension imperceptible que nul ne connaît en dehors d'Allâh.

Il se peut que l’alliance (al-walâya) soit attribuée à quelqu’un qui n'est point un allié, ou qu'il se l’attribue lui-même, et montre des actes surnaturels qui relèvent en réalité de la sorcellerie et non du prodige (karâma).

**L'excès (al-Ghulû) concernant l'allié (al-Waliyy) :**

Si tu as compris le sens de l'allié, prends garde à l'excès à son sujet. Son droit est d'être aimé et pris comme allié, non d'être détesté ou traité en ennemi. Il doit être aimé et respecté, non dénigré. Il est dit dans le hadith : « Quiconque aime pour Allâh, déteste pour Allâh, a certes complété sa foi. » (2)

En résumé : l’alliance repose sur trois fondements :

1. La foi authentique.

2. L'œuvre vouée exclusivement à Allâh.

3. La conformité à la Sunna.

Celui en qui ces choses apparaissent et se réalisent est l'allié conforme à la charia (shar’î).

**L'allié (al-Waliyy) chez le commun des gens :**

L'allié chez les gens aujourd'hui est celui qui invente des litanies (awrâd) propres à une voie soufie (tarîqa), quand bien même il ferait partie des plus ignorants des hommes, ou qu'il serait connu pour sa pratique de la voyance (kihâna). Ils le nomment « Murâbit » (marabout), même s'il commet ouvertement des actes de désobéissance. Ils lui garantissent l'alliance (al-walâya) et l'entrée au Paradis, lui vouent une obéissance aveugle et le sollicitent dans chaque difficulté. Ils font de lui le protecteur des individus, des villages et des villes et disent : « Mon maître untel (sîdî flân) est le maître de telle contrée ».

Notre conseil pour ces gens est de se remettre en question, d'interroger les gens du rappel (dhikr) sur les réalités de leur religion, et de ne pas suivre ce dont ils n'ont aucune connaissance. Ils doivent être sincères dans la recherche de la vérité afin de réussir à l'atteindre. Ils ne doivent surtout pas se laisser induire en erreur concernant leurs savants qui les guident vers la droiture car ce sont, pour eux, de sincères conseillers, qui ont peur de la conséquence de leur silence et de l'égarement des enfants de leur confession. Que leur honneur ne soit donc pas bafoué car leur faire du tort est une guerre contre la religion.

**Peut-on affirmer l’entrée au Paradis pour quelqu’un ?**

Quiconque dont l'alliance est authentique fait certes partie des gens du Paradis, mais nous ne pouvons l'affirmer avec certitude pour personne, ni l’entrée au Paradis pour quelqu'un sans un Texte révélé à ce sujet. Umm Al-'Alâ' Al-Ansâriyya (qu'Allâh agrée) dit à propos de 'Uthmân ibn Mazh'ûn lorsqu'il mourut : « Les émigrés de La Mecque (Muhâjirûn) furent répartis par tirage au sort, et le sort nous attribua ‘Uthmân ibn Mazh‘ûn. Nous l’hébergions donc dans nos maisons. Puis il tomba malade de la maladie dont il mourut.

Lorsqu’il décéda, qu’il fut lavé et enveloppé dans ses linceuls, le Messager d’Allâh ﷺ entra. Je dis alors : "Qu’Allâh te fasse miséricorde, Abû As-Sâ’ib. J’atteste qu’Allâh t’a certes honoré." Le Prophète ﷺ dit :
"Et qu’est-ce qui t’a fait savoir qu’Allâh l’a honoré ?" Je répondis : "Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi, Messager d’Allâh ! Qui donc Allâh honorera-t-Il, alors ?" Il dit : "Quant à lui, la certitude lui est certes venue. Par Allâh ! J’espère pour lui le bien. Mais, par Allâh ! Je ne sais pas — alors que je suis le Messager d’Allâh — ce qu’il sera fait de moi." Elle dit alors : "Par Allâh ! Je ne ferai plus l’éloge d’aucun mort après celui-ci." » (3)

Ibn Kathîr a dit : « En cela et ses semblables, il y a une preuve qu'on ne peut affirmer l’entrée au Paradis pour une personne précise, sauf ceux que le Législateur (ash-shâri’) a nommés précisément. »

Références et notes :

(1) [Rapporté par Al-Bukhârî (6502).]

(2) [Rapporté par Abû Dâwud (4681) et jugé hasan par Al-Albânî dans « As-Sahîha »(380).]

(3) [Rapporté par Al-Bukhârî (1243).]

Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hacene Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.