On dit : (kahana lahu kihâna) et (takahha, takahhunan) c’est-à-dire : il lui apprend l'Imperceptible (al-ghayb) et juge selon cela ; c'est alors un devin (kâhin). Le pluriel est (kahana) et (kuhhân), et sa profession est la divination (al-kihâna).
**La signification de la voyance (al-'Irâfa) :**
Le voyant (al-'arrâf) est l'astrologue et le devin (al-kâhin). Il fut aussi dit : celui qui informe sur le passé, tandis que le devin informe sur le passé et l'avenir.
**La signification de la divination par l’oiseau (al-'Iyâfa) :**
(Al-'iyâfa) signifie : faire fuir. On dit : ('iftu-t-tayr, ‘a’îfuhâ, ‘iyâfa) j’ai fait fuir et voler les oiseaux. Ceci afin de prendre en considération leurs noms, les lieux où ils se posent et leurs directions de vol pour en tirer un bon présage ou un mauvais.
**La signification du mauvais augure (at-Tiyara) :**
On dit : « tatayyarta » (tu as tiré un mauvais augure) de la chose ou par la chose, lorsque tu en as ressenti un mauvais présage.
Al-Hâfizh dit : « L’origine du mauvais augure (at-tiyara) est que les gens de la période d’ignorance préislamique (Jâhiliyya) se fiaient aux oiseaux. Lorsqu’un homme sortait pour une affaire, si l’oiseau s’envolait vers la droite, il y voyait un bon présage et poursuivait son chemin ; mais s’il s’envolait vers la gauche, il y voyait un mauvais présage et rebroussait chemin. Parfois même, l’un d’eux provoquait volontairement l’envol de l’oiseau pour en tirer une indication.
Or, rien dans tout cela ne prouve une quelconque croyance réelle : c’était simplement un acte injustifié qu’ils s’étaient imposé sans le moindre fondement rationnel. Car l’oiseau ne possède ni parole ni discernement pour que ses mouvements constituent une preuve sensée. Chercher la connaissance là où elle ne se trouve pas habituellement relève donc de l’ignorance de celui qui le fait.
Certains sages de la Jâhiliyya désapprouvaient le mauvais augure (at-tatayyur) et se vantaient de l’avoir abandonné. Mais la plupart d’entre eux y croyaient fermement et s’y fiaient. Cela leur donnait souvent de « bons » résultats, par l’embellissement du Diable. Et il en reste encore des vestiges chez un grand nombre de musulmans aujourd’hui. »
**La différence entre le mauvais augure (at-Tiyara) et le bon augure (al-Fa'l) :**
Le bon augure (al-fa’l) est le contraire du mauvais augure (at-tiyara). L’origine du bon augure louable selon la charia est que tu entendes une parole qui concorde avec ce que tu t’apprêtes à entreprendre et qui t’encourage à poursuivre. Quant à l’augure interdit, il s’agit de celui que l’on tire du Mushaf (le Coran), de la géomancie (dharb ar-raml), du tirage au sort ou de l’utilisation de grains d’orge pour tirer au sort : s’il sort de bonne qualité, on continue ; s’il sort de mauvaise qualité, on s’arrête. Cela relève de la consultation du sort par les flèches (al-azlâm), pratique que le Coran est venu interdire.
**La signification de la divination par les lignes tracées (at-Tarq) et de l'astrologie (at-Tanjîm) :**
(At-tarq) consistent à tirer au sort par de petits cailloux, ce qui est une forme de divination.
(At-tanjîm) l'astrologie consiste à tirer des jugements par les étoiles.
Toutes ces choses font partie des sciences des Arabes de la période d’ignorance préislamique que la charia a annulées et interdites, tandis qu'elle a agréé le bon augure (al-fa'l).
**Ce qui fut rapporté au sujet de la divination (al-Kihâna) et les pratiques similaires :**
Abû Hurayra (qu'Allâh agrée) rapporta que le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque se rend auprès d'un devin ou d'un voyant et croit à ses paroles, a certes mécru en ce qui fut descendu sur Muhammad. » (1)
Certaines épouses du Prophète ﷺ ont rapporté qu’il a dit : « Quiconque se rend auprès d'un voyant pour l'interroger sur la moindre chose, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits. » (2)
'Â'isha (qu'Allâh agrée) a dit : « Des gens interrogèrent le Messager d'Allâh ﷺ au sujet des devins. Il répondit : "Ils ne sont rien." Ils dirent : "Messager d'Allâh ! Ils nous racontent parfois une chose qui se révèle être vraie." Le Messager d'Allâh ﷺ dit alors : "Celle-ci est une parole de vérité que le djinn dérobe ; il la répète à l'oreille de son allié, puis ils y mélangent plus de cent mensonges." » (3)
'Imrân ibn Husayn (qu'Allâh agrée) rapporta : « Le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « N'est pas des nôtres celui qui tire l’augure par l’oiseau ou pour qui l'on en tire, celui qui pratique la divination ou pour qui l'on en pratique ou celui qui pratique la sorcellerie ou pour qui l'on en pratique. » (4)
Abû Mas'ûd (qu'Allâh agrée) a dit : « Le Messager d'Allâh ﷺ a interdit le prix du chien, la dot de la prostituée (5) et le salaire du devin. » (6)
Le salaire du devin (hulwân al-kâhin) désigne ce qui lui est donné pour sa divination, et cela fait partie de la consommation illicite des biens d'autrui. L'interdiction du salaire du devin implique aussi l'interdiction du salaire de l'astrologue, du voyant et du géomancien (ar-rammâl) et leurs semblables à qui l’on demande des informations sur les choses cachées.
**Ce qui fut rapporté au sujet du mauvais augure (at-Tiyara) et du bon augure (al-Fa'l) :**
Ibn Mas'ûd (qu'Allâh agrée) rapporta que le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Le mauvais augure (at-tiyara) est un acte d’association (shirk). Il n’est aucun d’entre nous qui n’en ressente quelque chose, mais Allâh le fait disparaître par la confiance en Lui (at-tawakkul). » '7)
Ruwayfi' ibn Thâbit (qu'Allâh agrée) rapporta que le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Quiconque est détourné d'une chose par le mauvais augure (at-tiyara) a certes commis un acte d'association. » (8)
Abû Hurayra (qu'Allâh agrée) rapporta que le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Il n’y a pas de mauvais augure, et ce qu’il y a de meilleur en cela est le bon augure (al-fa'l). » Ils demandèrent : « Et qu'est-ce que le bon augure ? » Il répondit : « La bonne parole que l'un d'entre vous entend. » (9)
Le Prophète ﷺ aimait le bon augure (al-fa’l) car le pessimisme provient d’une mauvaise pensée à l’égard d’Allâh — élevé soit-Il — sans cause réelle. Or, le croyant a reçu l'ordre de toujours penser du bien d’Allâh — élevé soit-Il — en toute circonstance.
**Ce qui fut rapporté au sujet de l'astrologie (at-Tanjîm) :**
Ibn 'Abbâs (qu'Allâh agrée) rapporta que le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Quiconque acquiert une part de science tirée des astres acquiert une branche de la sorcellerie ; plus il augmente de l’un, plus il augmente de l’autre. » (10)
Ibn Raslân a dit : « Ce qui est interdit dans l'astrologie est ce que prétendent ses adeptes comme connaissance des événements et des choses futures qui ne sont pas encore survenus, en prétendant qu'ils les déduisent par le mouvement des astres... ». (11)
Ce qui fut rapporté au sujet de la divination par l’oiseau (al-’Iyâfa) et la divination par les lignes tracées (at-Tarq) :
Le Messager d'Allâh ﷺ a dit : « Faire fuir l’oiseau pour connaître l’augure (al-'iyâfa), le mauvais augure (at-tiyara) et les lignes tracées (at-tarq) font partie du Jibt. » (11)
Le (Jibt) désigne tout ce qui est adoré en dehors d'Allâh, et ce terme désigne également le sorcier et le devin.
**Références et notes**
(1)[Rapporté par Ahmad (9536), jugé sahîh par Al-Albânî dans « Al-Irwâ' » (7/69).]
(2)[Rapporté par Muslim (2230).]
(3)[Rapporté par Al-Bukhârî (6213) et par Muslim (2228).]
(4)[Rapporté par At-Tabarânî dans « Al-Kabîr » (355) et il a un shâhid (témoin) cité par Al-Albânî dans « As-Sahîha » (2650).]
(5)La dot de la prostituée (mahr al-baghî) est le prix qu’elle reçoit en échange de livrer son corps à un homme étranger ; on l’appelle “dot” car il lui ressemble.
(6) [Rapporté par Al-Bukhârî (5761) et par Muslim (1567).]
(7)[Rapporté par Abû Dâwud (3910) et par At-Tirmidhî (1614), jugé sahîh par Al-Albânî dans « As-Sahîha » (429).]
(8)[Rapporté par Al-Bazzâr (2316), jugé sahîh.]
(9)[Rapporté par Al-Bukhârî (5754) et par Muslim (2223).]
(10)[Rapporté par Abû Dâwud (3905) et par Ibn Mâja (3726), jugé sahîh par Al-Albânî dans « As-Sahîha » (793).]
(11)[Rapporté par Abû Dâwud (3907), An-Nasâ’î dans « Al-Kubrâ » et jugé dha’îf par Al-Albânî dans « Ghâyat Al-Marâm » (p184)].]
Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hacene Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.