C’est ce qui est accroché sur la personne afin de repousser loin d’elle les fléaux et les maux. Cela se fait le plus souvent sur les nourrissons.
On emploie aussi pour la désigner les termes : (‘ûdha, ma‘âdha et ta‘wîdha), qui signifient : objet de protection.
On dit : un garçon (mutammam) : on lui a accroché des amulettes. Et (tammamat) : on a éloigné de lui le mauvais œil (atummuha-tamman). C’est-à-dire : l’amulette qui lui a été accrochée a repoussé le mauvais œil.
Puisque cet accrochage constitue un recours à autre qu’Allâh pour attirer le bien et repousser le mal par ce qu’Allâh n’a pas institué comme cause, l’Islam l’a classé parmi l’association (shirk) et la sorcellerie.
**Ce qui fut rapporté au sujet de l’amulette (at-Tamîma) :**
'Uqba ibn 'Âmir (qu'Allâh agrée) rapporta qu’il a entendu le Messager d'Allâh ﷺ dire : « Quiconque porte une amulette, qu'Allâh ne mène pas son projet à son terme ; et quiconque porte un coquillage (wada'a), qu'Allâh ne lui accorde pas de quiétude. » (1)
Le coquillage (al-wada'a) est un coquillage blanc (le cauri) rejeté par la mer.
Il a dit également (qu'Allâh agrée) : « Un groupe d'hommes vint au Messager d'Allâh ﷺ, il accepta l’allégeance de neuf d'entre eux et s'abstint pour l'un d'eux. Ils dirent : "Messager d'Allâh ! Tu as accepté l’allégeance de neuf et tu as délaissé celui-ci." Il dit : "Il porte une amulette." Il introduisit alors sa main et la coupa . Il accepta alors son allégeance, puis dit : "Quiconque porte une amulette a certes commis une association (shirk)." » (2)
'Imrân ibn Hussayn (qu'Allâh agrée) rapporta que le Prophète ﷺ remarqua un anneau — je crois qu'il a dit : en cuivre — au bras d'un homme. Il lui demanda : « Malheur à toi ! Qu'est-ce que cela ? » L'homme répondit : « C'est contre la faiblesse (al-wâhina). » Il dit : « Il ne fera qu'augmenter ta faiblesse. Jette-le loin de toi ! Car si tu mourais en le portant, tu ne réussirais jamais. » (3)
(As-sufr) désigne le cuivre jaune.
La faiblesse (al-wâhina) désigne une douleur ou un vent qui affecte les épaules ou le bras.
**Le jugement de l’amulette (at-Tamîma) :**
Les gens continuent d'enfiler en colliers les coquillages (wada'ât) pour les enfants, ou placent des scorpions dans une besace qu'ils suspendent à leurs cous, ainsi que d’autres amulettes (tamâ’im) de la période d’ignorance préislamique (Al-Jâhiliyya).
**L'accrochage des amulettes (tamâ’im) se divise en trois types :**
1. La croyance en l'utilité de l'objet accroché : Ceci est un acte d'association (shirk). En fait partie, à notre époque, l'accrochage de la terre des tombeaux et des mausolées par les malades et les fiévreux.
2. La ressemblance avec la Jâhiliyya par l'accrochage de ce par quoi on ne recherche pas la bénédiction : Comme un anneau ou un coquillage, tout en étant préservé de la conviction des associateurs (mushrikîn). Ceci n'est pas un acte d'association (shirk) , mais reste interdit afin de fermer la porte aux voies menant au mal (sadd adh-dharî'a), et en application des hadiths ordonnant de se distinguer des Gens du Livre et des zoroastriens (majûs).
3. La recherche de la bénédiction (tabarruk) par ce qui est légiféré : Comme les Noms d'Allâh — élevé soit-Il — ou Son Livre, tout en étant préservé de cette croyance . C’est ce type que certains ont interdit, et que d'autres ont autorisé. Certains Compagnons ont désapprouvé cet accrochage en raison de la perfection de leur unicité (tawhîd) et leur connaissance de leur Seigneur.
Délaissons donc les amulettes et ce qui y ressemble, et renforçons notre foi par le verset suivant, Allâh — élevé soit-Il — dit (S : 9/V : 51) : (Dis : « Il ne nous arrivera que ce qu’Allâh nous a prédestiné. C’est Lui notre soutien, et c’est uniquement sur Allâh que les croyants doivent compter. »)
**Références et notes :**
(1)[Rapporté par Ahmad (17404), par Abû Ya'lâ (1759) et par At-Tabarânî dans « Al-Kabîr » (820), et il a dit dans « Al-Majma' » (5/103) : ses rapporteurs sont dignes de confiance.]
(2)[Rapporté par Ahmad (17422) et par At-Tabarânî dans « Al-Kabîr » (885), jugé sahîh par Al-Albânî dans « As-Sahîha » (492).]
(3)[Rapporté par Ahmad (20000) et par At-Tabarânî dans « Al-Kabîr » (391), jugé dha'îf par Al-Albânî dans « Adh-Dha'îfa » (1029).]
Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hacene Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.