**Une situation appelant à la méditation et une exhortation imposant la considération :**
La Sunna s'est éteinte en ces contrées,
La science est ensevelie et l'ignorance a triomphé.
Un mal de vaines croyances s'est propagé,
Envahissant les plaines du pays tout entier.
Chacun adore sa passion, son cheikh ou son aïeul,
Ils ont dévié, et la foi s'est égarée.
Ils ont fait de leurs coutumes les juges de leur religion,
Délaissant la Loi d'Allah ; alors la corruption s'est généralisée.
Je ne suis point des leurs, et ils sont loin de moi,
Malheur à eux ! Malheur à eux au Jour du Jugement !
Le jour où les créatures comparaîtront pour le Grand Rassemblement,
S’éparpillant tels des papillons et des criquets.
Ce jour où nulle excuse ne leur sera d’aucun secours,
Le Feu sera leur refuge, et quel infâme lit de repos !
Celui qui y séjourne se consumera dans ses profondeurs,
Chaque fois que sa peau sera brûlée, une autre la remplacera.
Allah a mandaté pour leur garde,
Des anges rudes, dotés d'une force implacable.
Leur nourriture sera faite de pus et de sanie,
Et leur breuvage, une eau bouillante d'une noirceur intense.
Chaque fois que je médite sur leur triste sort,
Ma douleur s'étire et le sommeil fuit mes yeux.
**Un conseil précieux :**
Ô peuples ! Si vous aspirez à la guidance,
Par Allah ! Vous n’avez que la science pour guide.
Je vous conseille en homme sincère et dévoué,
Dont la seule provision est la piété et la crainte.
À mesure que ses jours déclinent,
Sa peur des affres du Rassemblement ne fait que croître.
Ce que vous semez aujourd'hui, vous le récolterez demain ;
Au jour de la moisson, nul regret ne sera utile.
**Une croyance pure et s’en embellir :**
Ô toi qui m'interroges sur ma foi !
Cherchant à percer ce que mon cœur renferme :
Certes, je ne suis point un inventeur de bid’a,
Ni un rebelle khârijite, obstiné par nature,
Qui sème l’hérésie parmi son peuple,
Couvrant la terre, ses cimes comme ses vallées.
Allah n'agrée point un hérétique mubtadi’,
Tant qu'il ne se repent et ne suit la guidance.
Je ne suis point de ceux qui fondent leur religion
Sur les dires des gens, de Zayd ou de Ziyâd ;
Mais je suis les traces des Premiers (Salaf),
Appelant à la Vérité sur les sentiers de la droiture.
Mon seul argument est le Coran dans tout ce que je dis,
Et c’est sur lui seul que je m’appuie,
Ainsi que sur l'héritage du Meilleur des hommes,
Qui est mon soutien, mon arme et ma provision.
C’est par cela que j’appelle à Allah,
Espérant pour ce combat une noble récompense.
Je ne vous demande point de salaire,
Ni ne recherche votre gratitude, encore moins votre amour.
Ma voie est la Loi du Prophète l'Élu,
Et ma foi est celle des Salafs, ancrée dans la rectitude.
Ma méthode est science, réflexion et méditation
Sur les mystères de l'univers, par la recherche et l'effort.
Car le chemin de la Vérité est pour moi unique,
Et ma source est dans la proximité, non dans l'éloignement.
**Une croyance associative (shirkiyya) et un désaveu d'elle :**
Je ne vois point chez ces cheikhs de pouvoir occulte,
Ils n'ont de prise sur rien ; ils ne sont que de simples hommes.
Quiconque prétend le contraire de mes dires,
Ne fait qu'approuver l'hérésie de l'union mystique (ittihâd).
Certains m'ont dit : « Soumets-toi et remets-nous ton sort,
Pour être au premier rang lors du Jour le plus long.
Tu atteindras ton but et verras tes vœux comblés,
Et tes montures figureront parmi les plus nobles coursiers. »
J'ai répondu : « Je suis musulman, et malheur à vous !
Je ne me soumets qu'à la seule Loi d'Allah.
Votre parole n'est, à sa source, que pure futilité,
Ni Hind n'a rapporté cela, ni Souad ne l'a conté.
Jamais je ne leur abandonnerai mon âme,
Et jamais je ne leur ferai acte d'allégeance.
Je ne les invoque point, contrairement à vos calomnies, alors qu'ils sont
Incapables d'écarter un moucheron ou une tique.
Je ne suis point de ces gens qui, devant leurs idoles,
Se recueillent et les implorent dans chaque assemblée.
Chaque fois qu'un chantre entonne parmi eux
Des refrains d’association (shirk), ils s'égarent en tous sens.
Que de mausolées ont-ils bâtis ! Que de dômes ont-ils édifiés !
Car c'est sur l'ignorance que s'élèvent les demeures de l'égarement.
Ils ont été dupés par ceux qui ont bradé leur foi,
Ceux-là même dont la condamnation n'est que poudre aux yeux. »
**L’impact néfaste du « Confrérisme » (At-Turukiyya) sur la société :**
Je les désapprouve tant que l’un d’eux paraîtra
Proférant ses mensonges, ou qu’il s’évanouisse dans l’ombre.
Je suis leur adversaire déclaré et je les désavoue,
Qu’ils agissent en groupe ou qu'ils soient isolés.
Ils nous ont inculqué les voies de l'impuissance, et nul parmi eux
N’a apporté de bienfait, si ce n'est pour semer le mal.
Tandis que l'humanité s'efforçait de progresser dans sa marche,
Combien furent-ils freinés par leur long sommeil !
**La Maîtres (Sâda) Utiles :**
Les véritables maîtres (sâda) des hommes sont ceux qui les ont guidés,
Par des sciences si nobles qu’aucun chant de caravanier n'en a égalé la beauté.
Ils sont mon appui, mon secours et mon triomphe,
Mon bouclier face aux assauts des calamités.
Tels sont les guides que nul obstacle, jamais,
N'a pu détourner de la Vérité ni du droit chemin.
**Diverses formes d'inventions dans la religion (Bida') :**
Je n'implore personne d'autre que mon Seigneur,
Il est le but de ma quête, mon refuge et mon pilier.
Louange à Lui, car Il nous a élevés,
Par Sa guidance, au-dessus de Nizâr et Iyâd.
Adorez donc ce que bon vous semble en dehors de Lui,
Votre obstination ne m'émeut guère.
Je ne me soumettrai point à votre idole (Tâghût),
Ni par le tranchant des lames blanches, ni par les lances brunes et dressées.
Jamais je n'ai pratiqué de circumambulations (Tawâf) autour d'une tombe, jamais !
Plaçant mon espoir en un vestige inanimé.
Je ne revêts point de soie un sépulcre,
Dont les ossements ont péri depuis l'époque des 'Âd.
Je ne selle point ma monture pour en faire un pèlerinage,
En quête d'une grâce qui me servirait au Jour de l'Appel.
Jurant par tous les serments que ce défunt,
Aussi généreux fût-il, exaucera mes besoins.
Je n'y mène point d'offrande pour y être sacrifiée,
Dans ce que les gens du pays nomment la "Zarda"
**La Visite Conforme à la Sunna :**
Mon refuge, chaque fois qu'un malheur m'accable
Et me revêt des voiles du deuil,
Est auprès de Celui à qui je demande sans cesse ma subsistance,
Car Ses dons sont inépuisables.
Si je visite les tombes, c'est pour en tirer leçon,
Près de sépultures dont les occupants ont péri et disparu.
J'implore mon Seigneur en leur faveur, qu’Il leur pardonne,
Espérant pour tous un surcroît de bienfaits.
Car c’est le mort qui a besoin de moi et de mes prières,
Tel est mon jugement, et je ne crains nul blâme.
**L’invocation Légale (ash-Shar’iyya) et Associative (ash-Ashirkiyya) :**
Je n'appelle point l'occupant de la tombe en disant : « Secours-moi !
Toi qui es le Pôle (Qutb), le Sauveur (Ghawth) et le Soutien ! »
Que je sois debout ou assis, l'invoquer ainsi
Est à mes yeux un acte un acte d'association (shirk) et une apostasie (ridda).
Je ne l'appelle point, et je n'invoque nul autre
Que le Créateur du monde, le Très-Clément envers Ses serviteurs.
Celui à qui appartiennent les Noms les plus beaux ; et qui donc
Pourrait repousser ce qu'Allah a décrété ?
Lui vouant ma foi avec sincérité, je me soumets
À Son ordre, et non à celui de l'égaré qui, sans cesse, dévie.
**La Confiance en Allâh, Le Grand (Al-Kabîr), Celui qui S’est élevé (Al-Muta’âl) :**
Allâh me suffit, et Sa proximité me comble,
Sa Science et Sa Miséricorde sont mon unique horizon.
**Références et notes:**
Extrait de : « Le Raffinement de L’Épître sur l'Association (ash-shirk) et ses manifestations » De l'érudit Cheikh Moubarak ben Mouhammad Al-Mili. Résumé par : Dr Hacene Bouguelil. Traduit par : Tamime Khemmar.