# **La mère de l'imam Mâlik ibn Anas**
### *Qu'Allâh leur fasse miséricorde*
Elle s'appelait 'Âliya bint Sharîk ibn 'Abdurrahmân ibn Sharîk Al-Azdiyya.
## **Une mère qui connaissait la valeur de la science**
C'est l'un des meilleurs exemples que l'on puisse citer pour illustrer la juste considération de la science, la connaissance du rang des savants, ainsi que le respect et la vénération qui leur sont dus, de même que les règles de conduite et les nobles caractères requis pour la quête du savoir. Mieux encore, elle savait de qui il convenait de prendre la science et de qui il fallait s'écarter, et quelle était la science qui méritait d'être apprise en priorité et favorisée sur le reste des sciences.
Si Mâlik — qu'Allâh lui fasse miséricorde — fut doté d'une haute détermination dans la recherche du savoir et d'une grande patience pour l'acquérir auprès des savants, le mérite — après Allâh — en revient à sa mère, pour le choix judicieux de ces savants qui lui ont raccourci le chemin de l'apprentissage, épargné les efforts inutiles et affûté sa compréhension.
## **« Va auprès de Rabî'a, et apprends d'abord sa bonne conduite avant sa science »**
Mâlik — qu'Allâh, élevé soit-Il, lui fasse miséricorde — rapporta certaines des recommandations que sa mère lui adressait au sujet de la science. Il dit : « Ma mère enroulait un turban autour de ma tête et me disait : "Va auprès de Rabî'a, et apprends d'abord sa bonne conduite avant sa science." »
Cette courte phrase renferme une sagesse profonde et nous offre de précieuses perles.
Premièrement, elle l'oriente vers la quête du savoir alors qu'il est encore très jeune, à un âge précoce où les voies du bien sont nombreuses. Cette mère intelligente et clairvoyante choisit de placer son fils dans le terrain de l'acquisition des rangs des héritiers des prophètes, ce qui démontre sa parfaite connaissance de la valeur de la science et du haut rang des savants.
Deuxièmement, lorsqu'elle choisit pour lui la quête de la science, elle ne se contente pas de n'importe laquelle de ses branches, mais sélectionne la meilleure, la plus noble et la plus élevée : elle choisit le fiqh (la jurisprudence), qui est l'essence même de la science. Voilà, après la première preuve, une autre démonstration de la finesse de sa compréhension et de la justesse de son discernement.
Troisièmement, parmi les juristes (fuqahâ') de son époque, elle choisit le plus éminent et le plus élevé en rang : l'imam Rabî'a, mufti de Médine et savant de son temps.
## **Préparer son fils à l'image du savant avant même d'entrer dans l'assemblée**
Une fois le plan d'apprentissage de Mâlik établi, il restait à préparer Mâlik lui-même à ce qu'elle lui destinait — et à ce qu'il voulait aussi pour lui-même. Elle commença donc par son apparence extérieure, car c'est la première chose que perçoivent les regards de son enseignant, de ses camarades et des gens. Ainsi, le maître l'accueillerait avec bienveillance en le voyant, ses compagnons seraient heureux de s'asseoir à ses côtés, et les gens discerneraient en lui, dès son jeune âge, les marques de la science et des savants. Le respect à son égard s'installerait alors dans leurs cœurs, et les louanges abonderaient sur leurs langues. Tout cela le stimulerait dans la quête du savoir, l'y pousserait davantage et élèverait sa détermination sur la voie de l'apprentissage.
C'est pourquoi elle se hâta de lui mettre un turban, de l'habiller de ses plus beaux vêtements, et avant cela — sans aucun doute — elle le lava, lui fit les ablutions, peigna ses cheveux et le parfuma.
## **Une habitude que Mâlik garda toute sa vie**
Cette attitude demeura une habitude constante de Mâlik — qu'Allâh lui fasse miséricorde — tout au long de sa vie. Lorsqu'il voulait sortir pour transmettre la science aux gens, il faisait ses ablutions comme pour la prière, mettait ses plus beaux vêtements, coiffait un bonnet (qulunsuwwa) et peignait sa barbe. Lorsqu'on l'interrogea à ce sujet, il répondit :
« Je fais cela par respect envers le hadith du Messager d'Allâh ﷺ. »
Un autre narrateur décrivant son état dit : « Lorsque Mâlik ibn Anas voulait s'asseoir pour enseigner le hadith, il se lavait, s'encensait et se parfumait. Et si quelqu'un élevait la voix dans son assemblée, il le réprimandait. »
Cette attitude de retenue et de respect inculqua à Mâlik une vénération profonde du hadith du Messager d'Allâh ﷺ, qui est la science la plus noble après le Noble Coran. Il n'écrivait pas le hadith du Messager d'Allâh ﷺ en étant debout, et ne le transmettait pas non plus en étant debout. On lui demanda un jour : « As-tu entendu de 'Amr ibn Dînâr ? » Il répondit : « Je l'ai vu transmettre le hadith tandis que les gens étaient debout en train d'écrire. Je n'ai pas alors aimé écrire le hadith du Messager d'Allâh ﷺ en étant debout. »
Mutarrif rapporta que Mâlik a dit : « J'ai dit à ma mère : "Puis-je aller écrire la science ?" Elle répondit : "Viens, et revêts les vêtements de la science." Elle me fit alors porter des habits retroussés, en plaça les longs sur ma tête, puis m'enveloppa d'un turban par-dessus. Ensuite, elle dit : "Va maintenant écrire." »
## **Un message aux mères de toutes les générations**
Avez-vous bien compris la leçon, mères de Muhammad, d'Anas, de Mu'âdh, de 'Alî, de Zayd et d'Ahmad ?
Elle — qu'Allâh lui fasse miséricorde — transmet ainsi des enseignements aux mères génération après génération. Cette leçon est-elle parvenue aux mères de notre époque ? Ont-elles compris que la phase la plus déterminante de la vie est celle de l'enfance, et qu'il faut la saisir à temps et agir comme la mère de Mâlik, car cette étape conditionne tout ce qui vient après ?
Avez-vous compris que vos enfants grandissent selon ce sur quoi vous les avez élevés et que leur âge adulte est conditionné par leur jeune âge ? Les vertus s'implantent comme une semence, et que le meilleur moment pour les planter est l'enfance ?
Y a-t-il quelqu'un qui ignore qui est Mâlik, quel est son rang, l'ampleur de son apport à la nation de Muhammad ﷺ, et le nombre de ceux qui ont suivi son école à travers les siècles ? Cela, certes, laisse espérer qu'il fasse partie de ceux dont les bonnes actions seront parmi les plus nombreuses au Jour de la Résurrection — et qu'une part semblable figure aussi dans la balance de ses parents.
C'est là une grave négligence de la part de la mère musulmane que de laisser échapper une telle immense récompense, alors que cette occasion lui a été offerte une fois — et peut-être plusieurs fois — à travers le nombre de fils et de filles qu'elle élève. Puis, si ces filles — devenues mères à leur tour — sont élevées sur cela, elles élèveront également leurs propres enfants sur cette voie.
## **Une famille de science et de tradition prophétique**
« Viens, et revêts les vêtements de la science » : ainsi, avec certitude, 'Âliya bint Sharîk Al-Azdiyya — tel est le nom de la mère de Mâlik — connaissait la science, ses habits, et ce qui convient à celui qui part à sa quête en matière de tenue, d'apparence, de parure et de dignité. Et comment en serait-il autrement, alors que le père de Mâlik, ses oncles et son grand-père faisaient partie des savants du hadith, porteurs de la Sunna prophétique du meilleur des Prophètes — que l'éloge d'Allâh et son salut soient sur lui. Son grand-père, Mâlik ibn Abî 'Âmir, comptait parmi les grands Successeurs des Compagnons (tâbi'în) et faisait partie de ceux qui rapportèrent les paroles des Compagnons du Prophète ﷺ, au premier rang desquels figuraient 'Umar, 'Uthmân, Talha et 'Â'isha. Son père l'était également, même s'il n'atteignait pas le rang de son grand-père dans le hadith. La famille était donc — sans aucun doute — une famille de science et de tradition prophétique.
La généalogie de l'imam Mâlik remonte à une tribu yéménite, la tribu de Dhû Asbah, et sa mère était Azdite. Son père et sa mère étaient donc tous deux arabes yéménites.
Et si « la sagesse est yéménite », alors la mère de Mâlik en reçut une large part, ce qui apparaît clairement dans les paroles que nous étudions ici.
## **L'adab avant la science : le secret de la réussite**
Nous avons déjà mentionné l'attention qu'elle portait à l'apparence de son fils, jeune étudiant en science, qui s'apprêtait à fréquenter les assemblées et à consigner la noble science. Mais ses recommandations ne se limitaient pas à cela. Elle y ajouta des conseils concernant le bon comportement et le noble caractère qu'il devait observer dans l'assemblée de son maître.
Après s'être préparé, il devait se hâter vers l'assemblée sans retard, définir son objectif dès son départ de la maison, savoir où il se rendait et ce qu'il recherchait. Tout cela apparaît dans ses paroles avec une clarté éclatante. Une fois assis dans l'assemblée de son shaykh, il ne devait se distraire par rien d'inutile. Puis elle lui dévoila la réalité de ce bénéfice en disant : « Va auprès de Rabî'a, et apprends d'abord son comportement avant sa science. »
Elle lui demanda ainsi de garder à l'esprit que son objectif dans l'assemblée de son maître reposait sur deux piliers : la science et le bon comportement. Il devait donc veiller scrupuleusement à ces deux aspects et s'attacher à tout ce qui permet d'en tirer le plein profit : arriver tôt, se rapprocher du maître, avoir l'esprit libre, écouter attentivement, être vigilant et éveillé, consigner les connaissances et informations de son shaykh, noter ses paroles et observer son état, ainsi que recourir à tous les moyens nécessaires à l'acquisition de la science, sans se laisser détourner de ces deux objectifs par quoi que ce soit.
Puis elle l'avertit que ces deux objectifs — la science et le bon comportement — ne sont pas équivalents. L'un précède l'autre, le domine et lui est supérieur : il s'agit du bon comportement ('adab), sans aucun doute, car il est la finalité et le fruit recherché de la science. Ainsi, s'il est requis de Mâlik qu'il acquière la science de son shaykh à travers ses paroles, il lui est encore plus demandé d'acquérir son comportement en l'observant. Car c'est pour le bon comportement que la science est recherchée.
Les recommandations de la mère de Mâlik, après tout cela, recèlent d'innombrables enseignements pour quiconque les écoute avec une oreille attentive et un cœur éveillé. Le conseil et l'orientation des enfants font partie de ce à quoi la mère croyante doit accorder la plus grande attention, en veillant à les guider dans leur cheminement, en s'y préparant par la science, la planification et le recours aux gens compétents, tout en sollicitant l'aide d'Allâh pour réaliser cet objectif.
Cela s'adresse à celle qui souhaite être une femme digne d'être évoquée, et hériter demain d'un Paradis et d'un bienfait permanent, en s'acquittant du droit de son Seigneur envers sa nation à travers ses enfants et sa famille.
## **La pauvreté ne fut pas un obstacle**
Mâlik — qu'Allâh lui fasse miséricorde — connut, durant sa période de quête du savoir, de grandes difficultés et de nombreux obstacles. Parmi eux figuraient le besoin et la pauvreté, en raison du manque de moyens. Face à cette situation pénible, la mère de Mâlik resta-t-elle impuissante ? Non, bien au contraire. Elle le soutint de toutes ses forces, au point qu'il fut contraint de vendre la charpente de sa maison, sans qu'elle ne s'y oppose ni ne l'en empêche, et cela se produisit effectivement. Ibn Al-Qâsim rapporte : « La quête du savoir mena Mâlik au point où nous démontâmes le toit de sa maison, et il en vendit les madriers. »
## **L'ardeur de Mâlik dans la quête du savoir**
Mâlik, à cette époque, faisait preuve d'un immense effort dans la quête du savoir, fréquentant les assemblées jour et nuit. On pouvait le voir chez Ibn Hurmuz, auprès duquel il apprenait les divergences des gens, la réfutation des adeptes des passions (ahl al-ahwâ'), et s'imprégnait de sa guidance et de sa conduite. Il demeura auprès de lui sept années durant, au point qu'un jour Ibn Hurmuz dit à sa servante : « Qui est à la porte ? » Elle ne vit que Mâlik et revint en disant : « Il n'y a que ce jeune blond. » Il répondit : « Fais-le entrer, car celui-ci est le plus savant des gens. »
Mâlik avait même rembourré un vêtement pour s'asseoir dessus devant la porte d'Ibn Hurmuz afin de se protéger du froid de la pierre à cet endroit. Il disait : « J'allais chez Ibn Hurmuz dès le matin, et je ne quittais sa maison qu'à la nuit tombée. »
Il demeurait également assidu auprès de Nâfi', l'affranchi d'Ibn 'Umar. Il venait à lui à midi, alors que l'ombre des arbres ne le protégeait guère. Il guettait sa sortie ; lorsqu'il sortait, Mâlik le laissait un moment, comme s'il ne l'avait pas vu, puis l'abordait. Ce dernier le saluait et l'invitait. Une fois entré, Mâlik lui disait : « Que disait Ibn 'Umar à propos de telle et telle question ? » Nâfi' lui répondait, puis Mâlik s'arrêtait après ce nombre limité de questions, car Nâfi' était d'un tempérament vif. Mâlik usait ainsi de ces stratagèmes afin d'acquérir la science de son shaykh sans provoquer son irritation.
Et il demeurait assidu à l'assemblée de Rabî'a, ou à celle d'Ibn Shihâb Az-Zuhrî, auquel Mâlik resta attaché au point que les plus proches d'Az-Zuhrî pensèrent qu'il était son esclave et son serviteur.
Il a été rapporté de Mâlik qu'il a dit : « J'ai assisté à la prière de l'Aïd, et je me suis dit : "C'est un jour où Ibn Shihâb sera disponible." Je suis donc parti du lieu de prière jusqu'à m'asseoir à sa porte. Je l'entendis dire à sa servante : "Regarde qui est à la porte." Elle regarda, et je l'entendis dire : "Ton serviteur, le blond, Mâlik." Il dit : "Fais-le entrer." J'entrai alors, et il me dit : "Je vois que tu n'es pas encore rentré chez toi !" Je répondis : "Non." Il dit : "As-tu mangé quelque chose ?" Je répondis : "Non." Il dit : "Mange." Je répondis : "Je n'en ai pas besoin." Il dit : "Alors, que veux-tu ?" Je répondis : "Que tu me rapportes des hadiths." Il me dit : "Prépare-toi." Je sortis alors mes tablettes, et il me rapporta quarante hadiths. Je dis : "Donne-m'en plus." Il dit : "Cela te suffit : si tu as retenu ces hadiths, alors tu es parmi les maîtres du hadith (hufâzh)." Je dis : "Je les ai retenus." Il arracha alors les tablettes de ma main, puis dit : "Rapporte donc." Je les lui rapportai. Il me les rendit et dit : "Lève-toi : tu fais partie des réceptacles de la science." »
## **Une mère qui libéra son fils pour qu'il réunisse toute la science**
Cette mère âgée et noble aurait pu demander à Mâlik de se détourner de la science, car il s'y était imposé des efforts au-delà de ses forces. Ou bien elle aurait pu lui demander d'interrompre un court moment, afin de combler, par le travail, son manque, subvenir à ses besoins et reprendre souffle, pour pouvoir ensuite achever son objectif et poursuivre sa route. Mais elle ne le fit pas. Elle ne le fit pas, même au prix de vendre le toit de la maison ou ses murs, ou de vendre la maison tout entière, comme le fit la mère de l'élève de son fils : Ash-Shâfi'î.
Elle libéra totalement son fils afin qu'il réunisse toute la science des gens ; il la réunit effectivement, et en devint le chef incontestable. Les gens frappèrent les flancs de leurs montures pour venir à lui de partout dans le monde, désirant de lui qu'il leur dispense une part de cette science. L'imam des gens après 'Umar ibn Al-Khattâb fut Zayd ibn Thâbit, puis après Zayd : 'Abdullâh ibn 'Umar. Vingt et un hommes prirent de Zayd, puis la science de tous ceux-là se concentra en trois : Ibn Shihâb, Bukayr ibn 'Abdullâh et Abû Az-Zinâd ; et la science de tous ceux-ci aboutit ensuite à Mâlik ibn Anas.
Sache aussi que Mâlik rassembla les traditions (âthâr) et apprit tout le fiqh qu'elles renferment. Il s'assit pour donner la fatwa dans la Mosquée prophétique avec l'autorisation de ses shaykhs alors qu'il avait dix-sept ans. Il dit à ce sujet : « Tout homme qui aime s'asseoir dans la mosquée pour le hadith et la fatwa ne doit pas s'y asseoir, jusqu'à ce qu'il consulte les gens de droiture et de mérite. S'ils le jugent digne de cela, alors il s'assoit. Et je ne me suis assis qu'après que soixante-dix shaykhs parmi les gens de science ont attesté que j'étais apte à cela. »
## **Mâlik ibn Anas : celui qui a changé la face du monde**
Mâlik ibn Anas faisait partie de ceux qui ont changé la face du monde. Et sa mère eut la plus grande part dans son éducation. Par cela, elle a rendu à la nation un immense bienfait qui a ceint le cou de tous ses membres, que ce soit dans le domaine de la Sunna ou celui du fiqh.
## **La mère qui détourna son fils du chant pour le mener vers la science**
Ce qui est vraiment étonnant c'est que l'imam Mâlik — qu'Allâh lui fasse miséricorde — ne fût pas, au début, sur la voie de la science ; au contraire, il en était le plus éloigné. Il voulait devenir chanteur. Et c'est sa mère qui eut le mérite de l'orienter vers la voie de la science et de l'éloigner de cette voie de déviation et de chant. Concernant cela, il dit : « Lorsque j'étais un jeune garçon, je fus passionné par les chansons et l'imitation des chanteurs. Ma mère me dit alors : "Mon fils, si le chanteur est laid de visage, on ne prête pas attention à son chant. Délaisse donc le chant, et recherche le fiqh." J'ai alors délaissé les chanteurs et suivi les savants de fiqh ; et Allâh m'a fait parvenir à ce que tu vois. »
Cette mère vertueuse et intelligente n'a pas menti à son fils en lui disant : « Tu es laid de visage », car Mâlik n'était pas ainsi ; au contraire, il était beau et blond. Mais elle voulut lui suggérer ce qui le détournerait de sa résolution ; elle prononça donc cette parole habile et raffinée.
## **Les pigeons qui faillirent détourner Mâlik de la science**
Il se peut aussi qu'au début de sa vie, il se soit détourné de la science en s'amusant avec l'élevage des pigeons ; puis il entendit une parole qui frappa son oreille et enflamma son cœur, et il s'empressa alors de fréquenter les savants, puis demeura assidu auprès des savants du fiqh. Il évoqua cela en disant : « J'avais un frère de l'âge d'Ibn Shihâb. Un jour, mon père nous posa une question : mon frère répondit juste et je me trompai. Mon père me dit alors : "Les pigeons t'ont détourné de la quête de la science !" Je me mis en colère, et je demeurai assidu auprès d'Ibn Hurmuz sept années — et dans une autre version : huit années — sans mêler son enseignement à celui d'un autre. Je mettais des dattes dans ma manche que je donnais aux enfants en leur disant : "Si quelqu'un vous interroge au sujet du shaykh, dites qu'il est occupé." »
Il mettait en œuvre des stratagèmes afin d'obtenir du shaykh la plus grande part possible de son temps ; cela faisait partie de son ardeur dans la quête. Et son ardeur pour la science était telle qu'après le cours, il marchait en suivant l'ombre des arbres afin de réviser ce qu'il avait reçu et de le mémoriser, jusqu'à ce qu'il soit connu de tous par cela. Sa sœur le vit un jour dans cet état et le mentionna à leur père. Il lui dit alors : « Ma fille, il mémorise les hadiths du Messager d'Allâh ﷺ. » Et cela devint son habitude — qu'Allâh lui fasse miséricorde — jusqu'à ce qu'il atteigne ce rang.
## **Les témoignages des grands imams sur Mâlik**
Ainsi, le petit garçon — Mâlik ibn Anas — débuta sa longue marche sur le chemin de la science, jusqu'à devenir un imam unique parmi les imams des musulmans. Il fut ainsi le don le plus précieux et le cadeau le plus cher venant d'une mère vertueuse qui maîtrisa l'éducation et excella dans l'orientation. Au point que Sufyân ibn 'Uyayna a dit : « Que sommes-nous par rapport à Mâlik ! Nous ne faisions que suivre les traces de Mâlik : lorsque Mâlik écrivait d'un shaykh, nous écrivions de lui. Et je ne vois Médine que se dégrader après la mort de Mâlik ibn Anas. »
Ash-Shâfi'î a dit : « Si l'on te rapporte une tradition (athar) venant de Mâlik, accroche-toi-y fermement. Et si l'on te rapporte un récit (khabar), alors Mâlik est l'étoile. Et lorsqu'on mentionne les savants, Mâlik est l'étoile. Personne n'a atteint en science le degré de Mâlik, en raison de sa mémorisation, de sa maîtrise et de sa préservation. Et quiconque veut le hadith sahîh, qu'il s'attache à Mâlik. »
Ahmad ibn Hanbal a dit : « Mâlik est un seigneur parmi les seigneurs des gens de science. Il est un imam dans le hadith et le fiqh. Et qui est comme Mâlik ! Suiveur des traces de ceux qui ont précédé, avec raison et bon comportement. »
## **Les traces de l'éducation maternelle dans la personnalité de Mâlik**
Et si nous avons vu chez l'imam Mâlik les traces de l'éducation que sa mère lui donna enfant, notamment son soin de la belle tenue lorsqu'il s'asseyait dans l'assemblée de science, sa vénération pour la science et ses gens, son embellissement pour elle, le fait de se parfumer pour elle, et la préservation du respect dû aux gens de science ; alors nous pouvons aussi percevoir, dans ses autres traits immenses, certaines traces de cette noble mère. L'imam avait une forte mémoire, une patience immense, une intelligence aiguë, une grande perspicacité, une majesté et une dignité imposante.
Qu'Allâh fasse miséricorde à Mâlik et à sa mère, et qu'Il accomplisse nos espérances de voir les mères et les enfants des musulmans cheminer sur leur voie.