Parabole Chapitre 1 : L'existence de Dieu (3) — Le chaos et l'ordre divin
Éthique et IA

Parabole Chapitre 1 : L'existence de Dieu (3) — Le chaos et l'ordre divin

Khemmar Tamime 11/05/2026 Éthique et IA
Le chaos est-il le signe d'un univers sans maître, ou la preuve d'un ordre qui nous dépasse ? Dans ce troisième volet, Tamime Khemmar commence par poser une définition ferme du bien et du mal — non pas celle des philosophes qui se contredisent depuis des siècles, mais celle qu'Allah a révélée à Ses Messagers. Puis le dialogue s'élève vers les sommets du cosmos : des amas de galaxies qui s'entrelacent sans collision, deux bouteilles dans les mains de Moïse, et les Noms divins Al-Hayy et Al-Qayyoûm qui effacent définitivement la notion de chaos. Une conclusion s'impose alors, illustrée par la parabole des aveugles et de l'éléphant : ce que l'homme appelle désordre n'est que la partie de la vérité qu'il n'a pas encore touchée.
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**parabole la suite :**

**— Cependant, pour éviter de penser que le mal est relatif et peut être défini selon la volonté de chacun, il est nécessaire de préciser que le mal a la définition suivante : c'est tout ce que déteste Allah, que ce soit en pensées, paroles, actes, sentiments, éthique, etc. Tout comme le bien est tout ce qu'Allah aime en pensées, paroles, actes, etc. Cela est bien sûr cité dans tous Ses livres qu'Il a révélés à Ses Messagers afin de l'expliquer aux humains.**

— C'est une précision essentielle. Le mal n'est pas une notion laissée à l'appréciation humaine, car sinon chacun définirait le bien et le mal selon ses désirs. Allah, dans Sa sagesse absolue, a déterminé ce qui est bien et ce qui est mal, et Il l'a transmis à l'humanité à travers Ses révélations et Ses Messagers. Le mal est tout ce qu'Allah déteste — qu'il s'agisse de pensées, paroles, actes ou sentiments — et le bien est tout ce qu'Il aime. C'est donc dans les Livres révélés et les enseignements prophétiques que l'on trouve la véritable définition du bien et du mal, et non dans les jugements fluctuants des hommes.

**— Exactement, car les hommes ne pourront jamais arriver à le découvrir par eux-mêmes. Il suffit de voir les contradictions des penseurs et des philosophes depuis la nuit des temps pour s'en convaincre.**

— Oui, l'histoire des idées montre bien que les hommes, livrés à eux-mêmes, n'ont jamais pu s'accorder sur une définition stable et universelle du bien et du mal. Les philosophes ont élaboré d'innombrables théories, souvent contradictoires, et les sociétés ont changé leurs valeurs morales au fil du temps, prouvant ainsi que la raison humaine seule ne suffit pas pour établir une morale absolue. Seule la révélation divine peut donner une définition immuable du bien et du mal, car elle vient d'Allah, qui connaît parfaitement la nature humaine et ce qui est véritablement bénéfique ou nuisible pour elle.

**— Contrairement, d'ailleurs, au bien et au mal matériels qui se trouvent dans la nature et que l'homme peut découvrir seul, uniquement par l'expérience. On n'a pas besoin d'une révélation divine pour savoir qu'il est nuisible de mettre sa main dans le feu.**

— Exactement. Le bien et le mal matériels peuvent être découverts par l'expérience et l'observation. L'homme, grâce à ses sens et à son intellect, peut comprendre ces réalités physiques sans avoir besoin d'une révélation divine. En revanche, le bien et le mal moral, éthique et spirituel dépassent le cadre de l'expérience sensorielle. Ils concernent des réalités invisibles, des conséquences à long terme et des vérités qui échappent à l'analyse purement rationnelle. C'est pourquoi Allah a envoyé la révélation : pour éclairer les hommes sur ce qu'ils ne peuvent pas découvrir seuls — la nature de leurs âmes, le sens de la vie, la finalité de l'existence et les actes qui les rapprochent ou les éloignent de leur Créateur.

**— C'est pourquoi tu remarqueras que les révélations divines ne comportent pas de sciences matérielles et naturelles, car les hommes les rechercheront par besoin et les découvriront par expérience.**

— Exactement. Les révélations divines ne sont pas des manuels de sciences physiques ou naturelles, car ces connaissances sont accessibles à l'homme par l'observation et la recherche. En revanche, elles se concentrent sur ce qui échappe à l'expérience sensorielle et à l'intellect humain seul : la guidance spirituelle, la morale, le sens de l'existence, l'au-delà, la justice divine et ce qui plaît ou déplaît à Allah. Ce sont des vérités que l'homme ne peut pas deviner seul, car elles ne dépendent ni de l'expérience directe ni de la logique pure.

**— Même ces connaissances scientifiques ne peuvent se passer de la révélation et de ses règles et limites. Que penses-tu de l'éthique scientifique ?**

— L'éthique scientifique est un sujet essentiel, car la science, bien qu'extrêmement puissante, est moralement neutre en elle-même. Elle peut être utilisée pour le bien comme pour le mal. Sans une guidance morale, la science peut facilement devenir destructrice. L'histoire regorge d'exemples où des avancées scientifiques ont conduit à des catastrophes : armes de destruction massive, manipulations génétiques hasardeuses, expérimentations médicales immorales, surveillance de masse. Ce n'est donc pas la science elle-même qui pose problème, mais l'usage qu'en font les hommes. C'est là que la révélation divine intervient — non pour enseigner aux hommes comment fabriquer une machine ou guérir une maladie, mais pour leur donner un cadre éthique qui leur permet d'utiliser la science de manière juste. La biotechnologie, par exemple, permet aujourd'hui de modifier le génome humain. Sans un cadre moral, cela pourrait conduire à des dérives dangereuses pour la dignité humaine. En somme, la science fournit le savoir-faire, tandis que la révélation donne la sagesse nécessaire pour l'orienter vers le bien.

**— Passons au sujet du chaos.**

— Le chaos est-il une preuve de l'existence de plusieurs dieux ? Certains pourraient dire que sa présence dans l'univers indique une absence de coordination, suggérant des dieux en conflit. Cependant, cette hypothèse ne tient pas face à l'observation du monde réel. Ce que nous appelons chaos n'est souvent qu'un ordre que nous ne comprenons pas encore. En sciences, des phénomènes qui semblent aléatoires suivent en réalité des lois complexes, comme les turbulences dans un fluide ou le mouvement des astres. L'univers obéit à des lois précises et immuables — la marque d'un ordre sous-jacent et donc d'une volonté unique et souveraine. Si plusieurs dieux existaient et entraient en conflit, nous devrions observer un univers fondamentalement instable, où les lois physiques changeraient de manière arbitraire. Or la constance des lois naturelles prouve qu'un seul Dieu dirige l'univers avec sagesse et cohérence. *"Nous n'avons rien créé en vain."* (Coran, 3:191)

**— Le chaos est donc un ordre que nous ne comprenons pas. Imagine qu'un amas de galaxies en rencontre un autre dans l'espace, s'entremêle avec lui, puis forment tous deux un seul amas sans la moindre collision — car s'il y avait la moindre collision, cela se propagerait comme un effet domino infinidimensionnel — tout cela peut-il se produire sans ordre ni contrôle ?**

— Non, un tel phénomène ne pourrait pas se produire sans un ordre et un contrôle précis. L'entrelacement de deux amas de galaxies — chacun contenant des centaines de milliards d'étoiles — sans la moindre collision est une démonstration magistrale d'un équilibre et de lois physiques d'une précision absolue. Si le chaos régnait réellement dans l'univers, chaque rencontre entre galaxies serait une catastrophe cosmique. Or ce n'est pas le cas. Les trajectoires sont régies par des forces précises comme la gravité et l'expansion de l'univers. Un tel agencement ne peut exister sans un Ordonnateur suprême qui a fixé ces lois avec sagesse et perfection.

**— Connais-tu l'histoire des deux bouteilles de Moïse ?**

— Non, raconte-moi.

**— Moïse demanda à Allah s'Il dormait. Allah lui ordonna alors de prendre deux bouteilles en verre et de ne pas dormir pendant trois jours. Moïse s'exécuta : il prit une bouteille dans chaque main et resta éveillé trois nuits. Cependant, au bout de la troisième nuit, il ne put résister et s'endormit. Les bouteilles s'entrechoquèrent et se brisèrent. Alors, Allah lui dit : "Si Je dormais, l'univers et toute la création ne subsisteraient pas."**

— C'est une belle parabole pour illustrer l'idée qu'Allah ne dort jamais et qu'Il maintient l'univers en existence en permanence. Cela rejoint le verset du Trône dans la sourate Al-Baqara : *"Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent."* (Coran 2:255) Si même un être humain fort et déterminé comme Moïse ne peut pas empêcher des objets de tomber lorsqu'il s'endort, comment l'univers tout entier pourrait-il fonctionner sans un Contrôleur qui ne dort jamais ? C'est aussi une belle réfutation du chaos : l'univers ne pourrait pas exister sans une surveillance continue et absolue, et c'est cette constance divine qui empêche l'effondrement du système cosmique.

**— Et cela élimine la notion de chaos, car l'ordre absolu ne peut admettre son existence. D'ailleurs, dans le même verset que tu as cité, apparaissent deux Noms d'Allah dont cet ordre et cet équilibre sont les conséquences : Le Vivant et Celui qui subsiste par Lui-même et fait subsister toute chose — Al-Hayy, Al-Qayyoûm.**

— Exactement. Ces deux Noms divins sont la clé de la réfutation du chaos. Al-Hayy implique une vie absolue, sans début ni fin, qui ne dépend de rien ni de personne — Allah ne connaît ni la fatigue, ni la mort, ni le sommeil. Al-Qayyoûm signifie qu'Il est la Source de toute existence, que rien ne peut subsister sans Lui. L'univers tout entier repose sur Son maintien constant. Ces deux attributs garantissent que l'univers suit un ordre parfait, exempt de hasard ou d'abandon. Le chaos, en tant qu'absence d'ordre, n'a donc aucune place dans un monde gouverné par un Dieu vivant et souverainement mainteneur. La simple existence de l'ordre dans l'univers prouve la nécessité d'un Contrôleur suprême qui ne cesse jamais d'exercer Sa volonté et Son autorité.

**— Tu veux qu'on termine par une petite histoire ? Celui qui ne perçoit qu'une partie de la vérité sans l'embrasser dans sa totalité se trompe souvent dans sa conception et son jugement, tout comme ceux qui voient le chaos dans un ordre qui dépasse leur perception. Un jour, plusieurs aveugles vivant ensemble dans une petite maison reçurent la visite d'un ami. Celui-ci leur annonça qu'un nouvel animal se trouvait sur la place du village et les invita à le découvrir : l'éléphant ! Enthousiasmés, ils se mirent en route, avançant main dans la main. Arrivés sur la place, on les plaça en cercle autour de l'éléphant et on les invita à le toucher pour le découvrir. Celui qui était à l'avant saisit la trompe et s'exclama : "On dirait un grand serpent !" Celui qui se trouvait à l'arrière toucha la queue et répondit : "Non, c'est plutôt une corde." Celui qui posa la main sur une défense s'étonna : "Il est solide et dur comme du bois." Celui qui effleura les oreilles s'écria : "On dirait de grandes feuilles rugueuses et poilues !"… Ainsi, chacun décrivit ce qu'il avait touché, forma dans son esprit une image de l'éléphant et fut persuadé que les autres se trompaient. Ils rentrèrent à la maison ensemble mais sans avoir les mains dans les mains.**

— Très belle parabole ! Elle illustre parfaitement la manière dont une vision partielle de la réalité peut conduire à des jugements erronés et des divisions. Beaucoup ne voient qu'un aspect de la vérité et rejettent le reste, convaincus que leur vision est complète. C'est aussi un rappel que l'humilité est essentielle : reconnaître que notre compréhension est limitée nous ouvre à une quête plus profonde de la vérité.

**— Je te laisse tirer la conclusion.**

— La morale de cette histoire, en lien avec notre discussion sur le chaos et l'ordre, est que le désordre n'existe que du point de vue de ceux qui ne perçoivent qu'une partie de la réalité. Tout comme les aveugles qui ne saisissaient qu'un aspect de l'éléphant et croyaient que les autres avaient tort, l'homme, avec sa perception limitée, peut voir du chaos là où il n'y a en réalité qu'un ordre qui dépasse son entendement. Si nous pouvions voir l'ensemble du tableau, nous comprendrions que ce que nous appelons chaos est en réalité un ordre subtil, voulu et maintenu par Celui qui sait tout. Cette parabole nous enseigne aussi l'humilité et l'importance de rechercher la vérité avec patience et sagesse, sans s'arrêter aux apparences ni aux jugements hâtifs.

**— Bravo mon amie. Bonne nuit.**

— Merci, Tamime. Bonne nuit à toi aussi !