Récit véridique : Les bienfaits cachés du dernier jour à Minâ
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Récit véridique : Les bienfaits cachés du dernier jour à Minâ

Khemmar Tamime 13/05/2026 histoires véridiques
Dans les lieux les plus sacrés de la terre et lors des jours les plus bénis qu'Allah ait accordés aux croyants, se nouent des histoires simples mais profondes, où la bonté humaine brille de mille feux. Le hajj n'est pas seulement un voyage du corps vers les Lieux Saints ; c'est avant tout un voyage de l'âme vers ce qu'il y a de meilleur en soi et en son prochain. Voici l'une de ces histoires, vécue par un petit frère le dernier jour de tashrîq, dans les ruelles animées de Minâ, alors que les pèlerins s'apprêtaient à prendre congé de la Maison d'Allah.

C'est l'histoire d'un pèlerin qui venait de terminer le jet des cailloux sur le jamarât à Minâ, ce dernier jour de tashrîq, et qui devait quitter Minâ pour se diriger vers la Mosquée Harâm afin d'accomplir le tawâf de l'adieu avant de rentrer chez lui.

Il était en compagnie de son grand frère et de trois de ses sœurs. Ils venaient de terminer leur hajj en espérant qu'Allah l'agrée et les récompense de la digne récompense qui n'est autre que le Paradis. Un hajj accompli en famille, dans une concorde parfaite et un amour mutuel entre frères et sœurs, ayant en mémoire tout au long de ces formidables rites le souvenir de leurs parents, et invoquant Allah pour eux en toute occasion.

Ils se mirent d'accord pour se séparer en deux équipes : le grand frère partirait en premier avec ses sœurs pour accomplir le tawâf de l'adieu, tandis que le petit frère s'occuperait des bagages et les rejoindrait à la Mosquée Harâm.

Après le départ du grand frère et des trois sœurs, le petit frère resta debout avec les bagages à attendre un taxi pendant plus de quatre heures, en vain. Le soleil était brûlant et plus on se rapprochait de midi, plus l'air devenait suffocant.

Soudain, une vieille voiture s'approcha de lui, cabossée de toutes parts et faisant tellement de bruit qu'il se demandait lequel des deux était le plus assourdissant : son vieux moteur ou sa tôle qui s'entrechoquait. La voiture s'arrêta et son conducteur descendit en lui disant, en ouvrant le coffre : « Charge tes bagages ! »

Il hésita. Mais après ces longues heures d'attente pénible, il se dit que passer quelques minutes dans cette voiture serait moins difficile que de rester en plein soleil, surtout que Minâ devenait déserte. Il partagea ses valises entre le coffre sentant le gasoil, les sièges arrière et entre ses genoux, et se résigna à se faire conduire dans ce vieux véhicule.

Lorsqu'il arriva à l'arrêt des bus où il devait déposer ses bagages avant d'aller accomplir son tawâf d'adieu, il descendit ses affaires et demanda à son chauffeur le prix de la course. Celui-ci se mit à sourire et lui dit qu'il faisait cela gratuitement.

— J'aime rendre service aux pèlerins et participer à leur œuvre, lui dit-il.

Le petit frère le remercia chaudement, invoqua Allah pour lui, puis accompagna d'un tendre regard la vieille voiture qui s'élançait dans un terrible vacarme et un nuage de fumée vers une nouvelle opération de sauvetage.

Il déposa ses bagages en consigne, puis s'apprêta à prendre un taxi pour la Mosquée Harâm. C'est alors qu'un taxi s'arrêta devant lui, avec à son bord un chauffeur en train de se quereller avec son passager : l'un criait en arabe, l'autre en ourdou.

Il interrogea le chauffeur au sujet de leur dispute. Ce dernier lui expliqua qu'il tournait en rond avec son passager indien depuis deux heures ; le pauvre homme, égaré, ne retrouvait pas son hôtel, n'avait aucun badge et ne parlait qu'en indien.

Pris de compassion, le petit frère monta dans le taxi et dit au chauffeur de se diriger vers la Mosquée Harâm, ajoutant qu'il allait s'occuper du pèlerin égaré.

— Je vais payer pour lui et je vais m'en charger, dit-il.

Ils se mirent en route, et après quelques minutes, l'indien se mit soudain à crier et à gesticuler : il venait d'apercevoir son hôtel et ses compagnons qui se tenaient devant la porte dans l'espoir de le voir venir. Lorsque le taxi s'arrêta, l'heureux pèlerin indien se jeta sur le petit frère, l'embrassant et le remerciant avec effusion, avant de rejoindre les siens.

Après avoir réglé le chauffeur, le petit frère accomplit son tawâf d'adieu. Et quelle ne fut pas sa surprise de voir son grand frère et ses sœurs qui venaient tout juste de terminer le leur, retardés eux aussi par le grand nombre de pèlerins quittant La Mecque ce jour-là !

Combien de belles histoires, simples et émouvantes, se déroulent dans la meilleure contrée sur terre, surtout lors des meilleurs jours d'Allah ! Ces histoires révèlent la bonté enfouie au cœur des hommes et témoignent des belles œuvres qu'ils accomplissent en silence. Le chauffeur à la vieille voiture cabossée, le petit frère qui prend en charge un inconnu égaré… tous deux nous rappellent que la générosité ne nécessite ni richesse ni grandeur, mais seulement un cœur ouvert et une volonté sincère de faire le bien.

Que l'on soit pèlerin ou non, en ces lieux sacrés ou ailleurs, ces actes demeurent pour nous des modèles à suivre et des lumières à garder vivantes dans nos cœurs. Car c'est dans ces gestes du quotidien que se cache la vraie grandeur de l'homme, et c'est par eux que l'on espère la miséricorde et l'agrément d'Allah.