**Les actes du dixième jour :**
**1 : Le wuqûf (station) à Al-Mash'ar Al-Harâm :**
Puis ils se tiennent à Al-Mash'ar Al-Harâm, font face à la Qibla, répètent abondamment le dhikr d'Allâh, le takbîr et l'invocation, jusqu'à ce que la lumière de l'aube soit intense (isfâr). [L'isfâr intense — lorsque la lumière de l'aube atteint le maximum de son intensité avant l'apparition du disque solaire — arrive environ un quart d'heure ou le tiers d'une heure avant le lever du soleil].
Il est recommandé de lever les mains en ce moment lors de l'invocation.
Où qu'ils se tiennent à Muzdalifa, cela leur suffit, et il ne leur est pas obligatoire de se rapprocher d'Al-Mash'ar ni d'y monter.
**2 : Le ramassage des cailloux :**
La Sunna : ramasser sept cailloux en ce jour, avec lesquels il jettera à Jamrat Al-'Aqaba ; suivant en cela le Prophète ﷺ [ils doivent être petits de la taille d'un pois chiche. Il faut faire attention à ne pas tomber dans l'exagération (ghuluw)].
Ce que font certains parmi le commun des gens en ramassant les cailloux des Jamarât dès leur arrivée à Muzdalifa avant la salât (prière) et la croyance de beaucoup d'entre eux que cela est prescrit ; ceci est une erreur sans fondement. Le Prophète ﷺ n'a pas ordonné qu'on ramasse les cailloux pour lui sauf après son départ d'Al-Mash'ar vers Minâ.
De quelque endroit qu'il ramasse les cailloux, cela lui suffit. Il n'est pas obligatoire de les ramasser à Muzdalifa. On peut les ramasser à Minâ.
Quant aux trois jours suivants, il ramasse à Minâ chaque jour vingt-et-un cailloux, qu'il jette sur les trois Jamarât.
Il n'est pas recommandé de laver les cailloux, mais on les jette sans les laver ; car cela n'a pas été rapporté du Prophète ﷺ ni de ses Compagnons.
On ne jette pas avec des cailloux qui ont déjà été utilisés.
**3 : Se diriger vers Minâ :**
Lorsque la lumière est intense (isfâr), ils partent vers Minâ avant le lever du soleil, et répètent la talbiya durant leur marche. [Ils insistent dans la demande du pardon, en raison de Sa parole — élevé soit-Il (S : 2/A : 199) : (Puis, avancez à partir du lieu d'où les gens le font et demandez le pardon d'Allâh. C'est Allâh certes qui couvre et pardonne immensément, qui fait miséricorde)].
Muzdalifa est un lieu de rite sacré, dans lequel les bonnes œuvres doivent être respectées. Se hâter de partir prive le pèlerin du mérite de ce lieu de rite sacré. Ne te hâte donc pas, serviteur d'Allâh, prends garde à ce que le bien, les faveurs et le profit des lieux d'exaucement ne t'échappent, et prends garde aux responsables des agences commerciales qui ne se soucient que de leurs intérêts terrestres. Tu les trouves se hâter de partir sans prêter attention à l'objectif pour lequel le pèlerin est venu].
Lorsqu'ils arrivent à Muhassir, il est recommandé d'accélérer un peu. [Muhassir est une petite vallée entre Muzdalifa et Minâ, c'est la vallée dans laquelle Allâh a anéanti les compagnons de l'éléphant : Abraha l'Abyssin et ceux qui étaient avec lui].
**4 : L'arrivée à Minâ :**
**4-1 : Cesser la talbiya puis jeter les cailloux sur Jamrat Al-'Aqaba :**
Lorsque les pèlerins arrivent à Minâ :
Ils cessent la talbiya auprès de Jamrat Al-'Aqaba.
Puis, dès leur arrivée, ils jettent sur celle-ci sept cailloux successifs. Ils lèvent la main [avec le mouvement du lanceur] lors du jet de chaque caillou, et prononcent le takbîr.
[Le mérite du jet des cailloux a été mentionné précédemment dans sa parole ﷺ : « Quant à ton jet des cailloux (jimâr) sur les stèles (jamarât), pour chaque caillou que tu as jeté, tu obtiendras l'expiation d'un grand péché parmi les péchés destructeurs. »].
Il est recommandé de jeter les cailloux depuis le fond de la vallée, en mettant la Ka'ba à sa gauche et Minâ à sa droite comme l'a fait le Prophète ﷺ.
[Il doit ressentir lors de son jet qu'il jette sur la Jamra, et non sur le Diable, comme le pensent certaines personnes].
S'il jette les cailloux des autres bordures de la Jamra, cela lui suffit si le caillou tombe dans le lieu de jet.
Il n'est pas exigé que le caillou reste dans le lieu de jet, ce qui est exigé c'est qu'il y tombe. Si le caillou tombe dans le lieu de jet puis en sort, il est valide selon l'opinion apparente des gens de science.
Les cailloux des Jamarât doivent être comme les cailloux du khadhf, et c'est un peu plus gros que le pois chiche.
[On ne jette pas avec plus gros que cela, car c'est contraire à la Sunna, et c'est de l'exagération (ghuluw) interdite].
**4-2 : Le sacrifice du hadiyy :**
Puis après le jet, il sacrifie son hadiyy.
[Il a été mentionné précédemment le mérite du sacrifice dans sa parole ﷺ : « Quant à ton immolation, sa récompense sera réservée pour toi auprès de ton Seigneur. »].
Il est recommandé qu'il dise lors de son nahr (immolation) ou dhabh (égorgement) : *« Bismillâh, wa-l-lâhu akbar, Allâhumma hâdhâ minka wa lak »*. Et qu'il l'oriente vers la Qibla.
La Sunna est la suivante : nahr (immoler) les chameaux debout, la patte gauche attachée, et dhabh (égorger) les bovins et ovins allongés sur leur flanc gauche.
S'il immole vers une autre direction que la Qibla, il a délaissé la Sunna, mais son immolation est valide ; car l'orientation vers la Qibla lors de l'immolation est une surérogation et non une obligation.
Il est recommandé qu'il mange de son hadiyy, qu'il en offre et qu'il en donne en aumône ; selon Sa parole — élevé soit-Il (S : 22/A : 28) : (Mangez-en donc et donnez à manger au pauvre miséreux.)
Le temps du sacrifice s'étend jusqu'au coucher du soleil du troisième jour des jours de tashrîq, selon l'opinion la plus correcte des savants. La période du sacrifice est donc : le jour du Nahr et trois jours après.
**4-3 : Se raser ou se raccourcir les cheveux :**
Puis après le sacrifice du hadiyy, il se rase la tête ou se raccourcit les cheveux.
Le rasage est préférable ; car le Prophète ﷺ a invoqué la miséricorde et le pardon pour ceux qui se rasent (trois fois), et pour ceux qui se raccourcissent les cheveux une fois.
[Parmi ce qui est rapporté sur le mérite du rasage : ce qui a été mentionné précédemment dans sa parole ﷺ : « Quant au rasage de ta tête, pour chaque cheveu que tu as rasé, tu obtiendras une bonne action et un péché te sera effacé. »].
[Attention : certaines personnes se rasent la tête et ajoutent à cela le rasage de leur barbe. C'est une perversion évidente sur laquelle il n'y a pas de divergence entre les savants, et qui prive son auteur de réaliser le hajj mabrûr (agréé) au sujet duquel le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque accomplit le hajj sans commettre de relations conjugales (rafath) ni de péchés (fusûq), redeviendra tel qu'il fut le jour où sa mère l'a mis au monde. » Que le musulman prenne donc garde à mettre en colère son Seigneur dans Son pays sacré et dans le mois sacré, dans lesquels les rites d'Allâh sont respectés (quiconque respecte scrupuleusement les rites d'Allâh, ceci fait certes partie de la crainte des cœurs.) La barbe fait partie des rites d'Allâh, ce n'est pas un poil qu'on jette à la poubelle, mais c'est un poil dont la place est le visage qui est la chose la plus noble chez l'être humain. Laisser pousser la barbe est un respect d'un rite parmi les rites de l'Islam. La barbe illumine le visage du croyant, et s'il la rase, cette lumière disparaît].
Il ne suffit pas de raccourcir une partie de la tête, mais il faut la raccourcir entièrement comme le rasage. La femme raccourcit de chaque tresse la longueur d'une phalange ou moins.
**Le premier tahallul (désacralisation) :**
Après le jet à Jamrat Al-'Aqaba et le rasage ou le raccourcissement, tout ce qui était interdit au muhrим par l'ihrâm lui devient licite sauf les femmes. Cela s'appelle : le premier tahallul (désacralisation).
**5 : Le départ vers Makka :**
**5-1 : Tawâf Al-Ifâdha :**
Il lui est recommandé après ce tahallul (désacralisation) : de se parfumer et de se diriger vers Makka pour accomplir tawâf Al-Ifâdha.
[Il a été mentionné précédemment le mérite de tawâf Al-Ifâdha dans sa parole ﷺ : « Quant à ton tawâf (circumambulations) autour du Bayt (la Maison) après tout cela, tu accomplis le tawâf (circumambulations) alors que tu n'as plus aucun péché. Un Ange vient jusqu'à poser ses mains entre tes épaules et dit : "Œuvre pour ce qui vient, car ce qui est passé t'a été pardonné." »].
Ce tawâf s'appelle : tawâf Al-Ifâdha et tawâf Az-Ziyâra. C'est un pilier parmi les piliers du hajj, le hajj ne peut être complet sans lui.
**5-2 : Le sa'y :**
Puis après le tawâf et la salât (prière) de deux rak'ât derrière le Maqâm, il accomplit le sa'y entre As-Safâ et Al-Marwa s'il est mutamatti'. Ce sa'y est pour son hajj, et le premier sa'y [qu'il a accompli lors de son arrivée à Makka était] pour sa 'umra.
Un seul sa'y ne suffit pas selon l'opinion la plus correcte des savants.
Celui qui fait le qirân entre le hajj et la 'umra n'a qu'un seul sa'y, comme l'indique le hadîth de Jâbir et d'autres hadîths authentiques.
De même, celui qui a accompli le hajj seul (ifrâd) et qui est resté dans son état d'ihrâm jusqu'au jour du Nahr, n'a qu'un seul sa'y.
Si le qârin et le mufrid accomplissent le sa'y après tawâf Al-Qudûm (l'arrivée), cela leur suffit pour le sa'y après tawâf Al-Ifâdha.
**Explication de ce qui est préférable pour le pèlerin de faire le jour du Nahr :**
**L'ordre préférable entre les actes :**
Le mieux pour le pèlerin est d'ordonner ces quatre choses le jour du Nahr comme mentionné ci-dessous :
- Il commence d'abord par jeter les cailloux sur Jamrat Al-'Aqaba.
- Puis le sacrifice.
- Puis le rasage ou le raccourcissement.
- Puis le tawâf autour de la Ka'ba.
Et le sa'y après pour le mutamatti', ainsi que pour le mufrid et le qârin s'ils n'ont pas accompli le sa'y avec tawâf Al-Qudûm.
[Respecter cet ordre apporte plus de récompense, et c'est ce qu'a fait le Prophète ﷺ. Il a ﷺ terminé ces rites, puis est retourné à Minâ et y a prié le zuhr. Celui qui s'efforce de réaliser cela, Allâh lui facilitera toute difficulté].
**Le statut du taqdîm (l'avancement) et du ta'khîr (retardement) :**
S'il avance certaines de ces choses sur d'autres, cela lui est permis ; en raison de la permission (rukhsa) accordée du Prophète ﷺ à ce sujet. Cela inclut le fait d'avancer le sa'y sur le tawâf ; car c'est parmi les actes qui se réalisent le jour du Nahr.
[Le conseil pour le pèlerin est que sa préoccupation dans le hajj soit de faire ce qu'a fait le Messager d'Allâh ﷺ et de l'imiter en tout. Il a ﷺ donné la permission à celui qui a avancé ou retardé quelque chose des actes du Nahr après qu'ils l'aient fait, afin de ne pas rendre les choses difficiles à sa nation. Il disait à ses Compagnons : « Apprenez donc vos manâsik (rites de pèlerinage) de moi. », c'est-à-dire : attachez-vous à ma manière d'accomplir les manâsik (rites de pèlerinage). Or, si celui qui avait avancé ou retardé lui avait demandé avant de le faire, le Prophète ﷺ l'aurait certes dirigé vers sa guidance].
**Le tahallul (désacralisation) complet :**
Les choses par lesquelles le pèlerin obtient le tahallul (désacralisation) complet sont trois :
- Le jet des cailloux sur Jamrat Al-'Aqaba.
- Le rasage ou le raccourcissement.
- Tawâf Al-Ifâdha avec le sa'y après celui-ci, pour ceux mentionnés précédemment.
Lorsqu'il fait ces trois choses, tout ce qui lui était interdit par l'ihrâm lui devient licite, comme les femmes, le parfum et autre.
Celui qui en fait deux, tout ce qui lui était interdit par l'ihrâm lui devient licite, sauf les femmes. Cela s'appelle : le premier tahallul (désacralisation).
**Boire de l'eau de Zamzam :**
Il est recommandé pour le pèlerin : de boire de l'eau de Zamzam et de s'en rassasier [le rassasiement : c'est de boire abondamment jusqu'à sentir que l'eau est entrée dans ses côtes], et d'invoquer par ce qui est aisé comme invocation utile. L'eau de Zamzam est utile à ce pour quoi elle est bue, comme il a été rapporté du Prophète ﷺ.
**Extrait de : «At-tahqiqu wa-l-‘îdhâhu li-kathîrin min masâ’ili-l-hajji wa-l-'umrati wa-z-ziyârati 'alâ dhaw’i-l-Kitâbi wa-s-Sunna». Par son éminence chaykh 'Abdal'azîz Ibn 'AbdAllâh Ibn Bâz. – que la miséricorde d’Allâh soit sur lui -. Traduit par Tamime Khemmar.**