LA VACHE Verset 3 / 286

ٱلَّذِينَ يُؤْمِنُونَ بِٱلْغَيْبِ وَيُقِيمُونَ ٱلصَّلَوٰةَ وَمِمَّا رَزَقْنَٰهُمْ يُنفِقُونَ

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Traduction française

Ceux qui ont la foi en ce qui est imperceptible aux créatures , qui accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons donné.

Explication

Puis Il a décrit ceux qui ont la crainte (al-Mouttaqîn) par leurs croyances, leurs actes intérieurs et leurs actes apparents, car la crainte (taqwâ) les englobe tous. Il dit : « Ceux qui ont la foi en ce qui est imperceptible aux créatures ».

La réalité de la foi consiste en une adhésion totale à ce que les Messagers ont rapporté, une adhésion qui implique la soumission des membres du corps. Quant au fait de croire en ce qui est perçu par les sens, ce n’est pas là que se distingue le croyant du mécréant. La véritable épreuve réside dans la foi au ghayb (ce qui est imperceptible aux créatures) : ce que nous n’avons ni vu ni observé, mais auquel nous croyons sur la base de la parole d’Allah et de la parole de Son Messager. C’est cette foi-là qui distingue le musulman du mécréant, car elle repose sur le fait de croire absolument Allah et Ses messagers.
Ainsi, le croyant croit à tout ce qu’Allah ou Son Messager ont annoncé, qu’il l’ait vu ou non, qu’il le comprenne et le conçoive ou pas. À l’inverse, les zindiqs et les négateurs des réalités relatives au ghayb refusent cela parce que leurs esprits faibles et limités ne les atteignent pas ; ils rejettent donc ce dont ils ne cernent pas la science, et leurs esprits s’en retrouvent corrompus et leurs jugements altérés. Tandis que les esprits des croyants, confirmant la vérité et guidés par la lumière d’Allah, se purifient et se perfectionnent.

La foi au ghayb inclut tout ce qu’Allah a rapporté concernant les réalités passées et futures, les états de la vie dernière, ainsi que les vérités concernant les Attributs d’Allah et leur réalité, et tout ce que les Messagers ont annoncé à ce sujet.

Les croyants affirment les Attributs d’Allah, sont certains de leur existence, même s’ils n’en saisissent pas la réalité.

Puis Il dit : « qui accomplissent la prière ».

Il n’a pas dit : « ils font la prière » ou « ils réalisent la prière », car il ne suffit pas d’accomplir sa forme extérieure. L’accomplissement de la prière signifie l’établir extérieurement en complétant ses piliers, ses obligations et ses conditions ; et l’établir intérieurement en vivifiant son esprit : la présence du cœur, la méditation de ce que l’on prononce et de ce que l’on fait. C’est cette prière dont Allah dit (S29-V45) : « Certes, la prière interdit de commettre les actes de désobéissance et les actes répréhensibles. ». C’est aussi celle qui entraîne la récompense.

L’homme ne recueille de sa prière que la part qu’il accomplit avec la présence du cœur.

La prière inclut les obligatoires et les surérogatoires.

Puis Il dit : « et dépensent de ce que Nous leur avons donné ».

Cela englobe les dépenses obligatoires comme la zakat (l’aumône obligatoire), l’entretien des épouses, des proches, des domestiques, etc., ainsi que les dépenses recommandées dans toutes les voies du bien.

Il n’a pas mentionné ceux envers qui la dépense est faite, tant leurs catégories sont nombreuses et variées, et parce que la dépense, en elle-même, est un acte par lequel on se rapproche d’Allah.

Il a utilisé « de » (min/من) qui indique la partie de quelque chose, afin d’attirer leur attention sur le fait qu’Il ne leur demande qu’une petite part de leurs biens, qui ne leur nuira ni ne les alourdira. Au contraire, c’est eux qui en bénéficient, tout comme leurs frères nécessiteux.

Et dans Sa parole : « Nous leur avons donné », il y a une allusion : ces biens entre vos mains ne proviennent ni de votre seule force ni de votre maîtrise ; ce sont des dons d’Allah, qu’Il vous a confiés et dont Il vous a comblés. De même qu’Il vous a favorisés par rapport à beaucoup de Ses serviteurs, remerciez-Le en sortant une partie de ce dont Il vous a gratifiés, et soutenez vos frères démunis.

Allah associe souvent dans le Coran la prière et la zakat, car la prière renferme la sincérité (ikhlâs) envers le Seigneur, tandis que la zakat et la dépense renferment la bienfaisance envers les serviteurs.

Le signe de la félicité du serviteur réside dans ces deux qualités : la sincérité envers le Créateur et le fait de s’efforcer d’être utile aux hommes.

Comme le signe du malheur du serviteur est l’absence de ces deux fondements : la sincérité et la bienfaisance.

Tafsîr As-Sa’dî